Le luxe à la française : une promesse éhontée

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 Vuitton, Dior Givenchy, Kenzo vont écho au luxe à la française. Les vitrines des boutiques situées dans les quartiers hauts de gamme (triangle d’or parisien) toutes ces marques évoquent le rêve, la tradition et le savoir faire français. Cette image séduit de riches investisseurs. Ces clients fortunés pensent acheter des costumes, des sacs entièrement produits en France.

La délocalisation: une arme d’économies massifs

Des publicités renforcent ce principe. Elles apparaissent mensongères. Elles ne prennent pas en compte des nombreuses délocalisations. Pour prouver leur bonne foi, ces griffes communiquent sur le fait que leurs usines restent en France. Seulement de petits ateliers d’assemblage demeurent sur le territoire français.  Ce décalage est démenti par le groupe LVMH. Ce consortium détient Vuitton, Kenzo et Givenchy. Il continue de véhiculer le rêve et il préfère taire l’envers du décors. La réalité les décrébiliserait.

Vuitton, le luxe à la française pas si sûr

Vuitton comme Renault ont choisi de délocaliser leurs productions. La raison de cette décision est purement financière. Les coûts sont moindres. A l’heure où la mondialisation est la règle, toutes les entreprises cherchent à limiter leurs coûts de fonctionnement.

Pour se faire,Vuitton a ouvert en catimini des grandes usines en Roumanie dont une située dans la banlieue de Sibiu. Pour abaisser ses dépenses, ce maroquinier fabrique les anses, les poignées et des poches de ses sacs par ses sous-traitants roumains. Les ouvrières roumaines sont payées trois fois moins qu’une salariée en France. Cette rémunération a minima leur permet d’assurer des marges confortables. Elles avoisinnet parfois les 50%. Cette volonté économmique représente une aubaine. Vuitton, Dior s’enrichissent au profit de la qualité des articles mis en vente. En boutiques, ces sacs , ces costumes se vendent à la pelle. A l’approche des fêtes de fin d’année, les vitrines des magasin de luxe regorgent de ces produits. Chacun est révélé dans son plus bel écrin. Cette mise en perspective ferait presque oublier la triste réaliité. En 2009, ce grand couturier a cherché une fois de plus à l’économie. Ces costumes dont le raffinement est reconnu sont désormais fabriqués en Pologne. L’Europe de l’est à la côte.Cette concurrence ne semble en aucun cas déranger les potentiels détenteurs de sacs ou encore de costumes.

 Le consommateur victime et complice

75% des français reste attaché au luxe à la française. Sans le savoir, ils achètent pourtant des artifices de mode qui ne respectent pas le made in France. Ce désir de procurer du rêve fait la réussite de Kenzo, Vuitton Dior ou Givenchy. Le consommateur participe à la société de consommation. Cette possession le fait accéder à un niveau social plus élevé. Cette volonté  répond à un conditionnement. Les défilés de mode, les vitrines, le monde de la jet set fascine. Pour accéder à ce monde de paillettes, certaines consommatrices sont prêtes à tout.Peu importe la provenance des produits. Qu’ils soient fabriqués et produits en Europe ou  en Asie n’a pas d’impact sur leurs achats. Quoi qu’il advienne, ils continuent de se procurer du rêve sans regarder l’envers du décors. Il en va de même pour les bijouteries de la place Vendôme. Victimes et complices, les acheteurs jouent le jeu, peu s’en offusquent.

Le luxe à la française reste une marque de fabrique. Vuitton ou Kenzo en sont le fer de lance. Cette promesse de bonheur consumériste de luxe représente pourtant une promesse éhontée. Les délocalisations mettent en péril le savoir faire à la française défendu par ces griffes. Le paradis se trouve plus à l’est pour le groupe LVH. En France, le luxe ne connaît pas la crise et n’est pas près de la connaître.

Jessica Staffe

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