L’Odyssée de Pi : une histoire sans fin

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Ce film retrace les aventures de Pi Patel. Ce jeune indien a grandi à Pondichéry (ancien comptoir français). Suite à la décision de son père, sa famille émigre au Canada pour construire une nouvelle vie.

Un Odyssée homérique

Ce voyage initiatique embarque Pi de l’enfance à l’âge adulte. Lors de la traversée, le navire chavire.  Dans  cet événement tragique Pi perd toute sa famille.  Il survit. Au fil du récit il tisse un lien particulier avec un tigre, le seul animal du zoo qui n’a pas péri lors du naufrage. Inspiré de l’Arche de Noé, ce film  se construit  autour d’une intrigue où la religion  détient une place principale. A la fois mystique et empreint de morale religieuse,  le réalisateur  n’a pas adopté de discours de neutre. Miraculé, il pense devoir sa vie à Dieu. Tout comme Ulysse il parcourt l’océan en quête de spiritualité. Seul, il apprend la vie. On pourrait le comparer à un Robinson des mers. Il pêche son énergie du fonds des vagues.  A certains moments, il joue avec Dieu. Il le nargue. C’est la façon qu’il a trouvé pour se prouver l’existence de l’être suprême. Métaphorique cette histoire apparaît moralisatrice. Sans sa croyance en Dieu, Pi n’aurait sûrement pas survécu. Cet aspect gâche l’ensemble du film.  Réaliste au départ, il se perd dans une vision univoque. Cette absence de niveau  de lecture fait de ce film une création simpliste. Il apporte une vision manichéenne de la foi et des croyances.

 Une histoire sans fin

Long est le terme qui correspond le mieux pour décrire l’Odyssée de Pi. Le récit se traîne en longueur.  Des images fortes  fabriquent le spectacle. Elles nous en mettent plein les yeux. Les effets spéciaux sont présents mais n’arrivent mais ils n’apportent rien au contenu final.  La facilité du scénario empêche tout suspense. Le spectateur s’attend à toutes les péripéties. Il peut même les anticiper sans surprise. Ce manque d’inventivité donne un goût de déjà vu à cette œuvre. Grand public, elle n’arrive à atteindre ses buts.

Ce rite initiatique dure et ne déclenche en rien de l’action. La réflexion  apparaît limité. Le questionnement de départ demeure philosophique. Ce cheminement n’aboutira pas. Il restera sans réponse. A la sortie de ce film, le spectateur ne se posera aucune question sur ses rapports au divin et au surnaturel.

Pi est considéré comme un héros des temps modernes. Il combat les éléments et brave l’autorité du tout puissant. Grâce à ce face à face, il a pu conservé son existence. Cette histoire sans fin se termine en queue de poisson. Pi accède au rang divin. Toutes ces aventures font de lui un homme d’exception.

L’Odyssée de Pi n’a finalement rien d’homérique. Il ressemble plus à l’histoire sans fin qu’aux différents voyages d’Ulysse. Au départ initiatique, ce périple n’a rien d’exceptionnel. La platitude agace et ne convainc pas le public. La fin se fait attendre.  La pauvreté du scénario aggrave encore plus la situation. Cette inertie plongerait presque le spectateur dans un profond sommeil. Morphée n’est peut-être pas si loin.

Dieu ne serait-il pas incarné par Pi ?

Jessica Staffe

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