La Belle et la Bête: une magie un peu surannée

Le film la Belle et la Bête est sorti mercredi 22 mars 2017 sur les écrans français. Il revisite le classique de Disney du même nom datant de 1991. Plus de 25 ans après  Disney réadapte le dessin animé en film live. Cette version était attendue par de nombreux fans. La Belle et la Bête a bercé une génération d’enfants grandissant chaque année au gré des sorties des dessins animés Disney. Chacune de ces histoires était vécue comme un événement que l’on attendait chaque fois avec attention et émerveillement. En général la magie Disney opérait et marquait nos jeunes esprits. Vingt cinq ans plus tard ces enfants sont devenus adultes voire parents. D’ailleurs, il est probable qu’Emma Watson l’est vu lorsqu’elle était enfant. Ce souvenir d’enfant a du l’aider à incarner le rôle de Belle. En jouant ce rôle elle réalise peut-être un rêve d’enfant. Beaucoup d’acteurs sont honorés de participer à une aventure Disney ou au moins de prêter leur voix. C’est souvent un gage de reconnaissance.

La magie Disney marquera-t-elle l’esprit d’une nouvelle génération?

Un univers légèrement fade comparé au dessin animé

La Belle et la Bête (1991)nous emmenait dans un univers magique et féérique. Le château comme le prince qui l’habitait était sous le coup d’un sort. Malgré cela cette maison princière demeurait flamboyante, resplendissait de couleurs et de beauté et les personnages transformés en objets humanisés respiraient la joie de vivre. Ils possèdent tous un petit grain de folie et amènent un peu de légèreté à cette morosité ambiante. Big Ben, Lumière, Mme Samovar, Chip, Cadenza, Plumette et les autres égayent le film par leur présence. Ils tiennent leur rang et nous transmettent chacun une petite touche d’humour. Chacun d’entre eux arrivait à redonner de la vie à ce lieu à la fois lugubre et angoissant.

Dans le film de 2017, on retrouve ce côté froid tinté de morbide inspiré par l’univers de la littérature romantique. Dans cette adaptation, le château de la bête évoque aussi le thème du fantastique (forêt magique voire hantée par des bêtes féroces dans laquelle on préconise de ne pas entrer). Cela dit le film live tient ses promesses. Il reprend point par point l’histoire du dessin animé en amenant quelques détails en plus et de nombreux effets visuels. Il paraît aussi plus réalistes. Quand Belle vient délivrer son père emprisonner par la Bête, elle tombe sur «le monstre». Cette symbolique est plutôt bien traitée.Dans la version d’aujourd’hui la bête semble encore plus laide et effroyable que dans le Disney. C’est peut-être l’aspect réaliste qui rajoute cette bestialité et amoindrit la magie d’origine.Petit à petit on découvre le prince derrière la bête. Au fil du film, les traits du personnage s’humanisent. Il redécouvre l’amour auprès de Belle. Ils s’apprivoisent tranquillement. Le maquillage et le costume de la Bête accompagnent bien cette transformation lente mais effective. L’ensemble manque malgré tout de folié, d’originalité et de magie tout du moins dans la longueurs. La magie apparait un peu surannée et ne donne pas l’éclat escompté au film.

La magie du repas et du bal est-elle au rendez-vous?

Dans le dessina animé, les scènes du repas et du bal représentent l’apothéose de la magie Disney. Tout y est. Les décors y apparaissent somptueux. La demeure s’anime pour accueillir cette soirée de gala. Les hôtes accueillent la Belle comme une princesse. Le repas est digne d’un spectacle son et lumière. L’ambiance est de mise. Dans la version 2017, le repas demeure une scène essentielle du film. Les objets animés font de ce festin une fête comme l’indique la chanson du même nom. Ils se donnent en spectacle. On remarque un peu plus d’effets de mise en scène mais  ce passage reprend quasiment trait pour trait la scène du dessin animé. La  seule différence est que la magie n’opère pas de la même façon. Il manque un petit quelque chose. Si l’entrain est là, le résultat nous tient moins en haleine. La surprise diminue de seconde en seconde et l’émerveillement est très peu  palpable. Le public semble beaucoup moins emporté et à priori n’a pas les mêmes étoiles dans les yeux que devant le dessins animé. Ce ressenti est peut-être au fait que le film live est  trop calqué sur l’original.

La meilleure scène du film est celle du bal. Pour le coup ici on est transporté dans l’univers du dessin animé. Les couturiers et costumiers ont fait de véritables prouesses sur la robe de bal de Belle. Elle resplendit de beauté. Belle vole et virevolte dans cette pièce de maître. Elle acquiert le statut de princesse à cet instant. A ce  moment précis qui dure quelques minutes, le spectateur replonge totalement dans l’univers du Disney de 1991. Ainsi notre âme d’enfant se trouve combler. Les bijoux renforcent ce soupçon de magie et révèent un véritable travail d’orfèvre et de minutie. Cette scène mythique le reste. C’est le plus beau moment de cette production.

Emma Watson n’a peut-être pas exprimé toute sa folie. On l’a sent parfois prisonnière du rôle et ainsi elle n’arrive pas forcément à le transcender. C’est dommage. Si au début on la voit libérée, elle cherche peut-être trop à coller à l’image de Belle. C’est le but principal du film. On aurait pourtant pu attendre plus d’originalité afin de se différencier. On a parfois l’impression qu’elle se s’est pas assez appropriée le rôle malgré tout son interprétation reste juste.

La Belle et la Bête version 2017 demeure un bon divertissement mais déçoit une majorité de spectateurs. Elle manque cruellement de magie. Elle a peut-être été gommée par la numérisation et les nouvelles techniques de mise en scène et d’effets stylistiques. L’idée de faire revivre un univers déjà existant demeure délicat voire dangereux. Quand c’est une réussite la magie op§re complètement. Ici le mécanisme ne fonctionne qu’à moitié d’où la déception ressentie.

 la Belle et la Bête marquera-t-il les esprits des enfants d’aujourd’hui, pas sûr.

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