Quand le Grand Palais revisite la culture Bohème

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Les Galeries Nationales du Grand Palais propose de découvrir l’exposition Bohèmes jusqu’au 14 janvier 2013. Cet événement nous plonge dans une culture souvent mal connue. A la fois rêvée , moquée , mise au ban de la société, elle a pourtant inspiré et fasciné les écrivains, musiciens, poètes, artistes de l’Europe entière du seizième siècle à nos jours. Venue des confins de l’Europe de l’est, elle est  souvent confondue à la culture bohémienne, Rom ou encore tzigane. Toutes ses cultures sont liées mais chacune a sa propre histoire. A travers ce voyage linguistique, artistique et poétique, les visiteurs peuvent découvrir un univers merveilleux et profiter d’un moment de plaisir visuel.

Bohèmes : une richesse de supports utilisés

Ce thème a parcouru toutes les époques. La représentation de la bohème a bien évidemment évolué au cours des siècles. La femme demeure une source d’inspiration inépuisable. La bohémienne est à la fois magnifiée et réaliste. Elle porte autant des tenues de princesses que des haillons. Elle est rattachée à une atmosphère féerique quand d’autre fois elle symbolise la pauvreté ou l’errance. L’errance est d’ailleurs une idée récurrente dans les oeuvres présentées. Elle se trouve souvent assimilée à l’itinérance. Ce peuple de voyageurs  ne s’est jamais sédentarisé. Cette réalité les a souvent mis au banc de la société. Encore aujourd’hui, les roms et les tziganes demeurent incompris et rejetés. Nomades, ils  ne se rattachent pas à un seul pays.  Cette vie communautaire et traditionnelle les empêche de s’intégrer efficacement.

Cette exposition nous propose donc de s’imprégner de toute la richesse de cette culture. Elle réunit des tableaux, des sculptures, des aquarelles, des œuvres musicales, des livres, des citations de romans, des correspondantes ou journaux intimes, des affiches d’époques. Cette multiplicité de supports nous entraîne à la découverte d’un monde qui s’apparente à celui des milles et une nuits. Les œuvres exposées sont valorisées par une mise en contexte réfléchie et bien pensée. Cette recherche d’originalité nous emmène véritablement dans ces pays où la culture bohème domine. Au dix septième siècle, cette  région du vieux continent influençait fortement l’ensemble de l’Europe. Entre fascination et réalisme, tous ces supports se complètent et participent à notre voyage intérieur. Grâce à tous ces apparats, le visiteur peut se déconnecter du monde qui l’entoure pour rentrer pleinement dans cette atmosphère si particulière.

Bohèmes : Une mise en scène à couper le souffle

Outre une originalité des œuvres et la variété des supports, la scénographies a vraiment été travaillée. Chaque espace nous propulse dans une ambiance bien définie. Chaque détail a été délicatement choisi. Ils jouent un rôle primordial dans la perception de l’ensemble des travaux ainsi dévoilés. Cette mise en contexte est exploitée jusqu’au bout. De la musique lyrique  est diffusée pour nous montrer que tous les arts se sont imprégnés de la culture bohème. Puccini et Bizet ont rendu hommage à ces personnages par des opéras  Carmen ou la Bohème. Ces air nous emporteraient presque dans un monde parallèle. Un peu plus loin, un espace bibliothèque a été recréé pour révéler l’influence littéraire. Le monde des livres n’a pas été épargné l’empreinte bohémienne. Des poètes comme Arthur Rimbaud ou Guillaume Apollinaire  et des écrivains comme Victor Hugo ou Prosper Mérimée ont écrit leurs plus beaux chefs d’œuvres à partir de personnages venus tout droit de  cet imaginaire  Ce clin d’œil perpétuel apparaît à travers des citations ou extraits de romans  retranscrits sur les murs. Elles amènent de la poésie au contenu de l’exposition. Dans une autre salle, pas a pas, le visiteur a l’impression de pénétrer dans un atelier d’artiste. Ce miroir déformant fait du visiteur un artiste. Sans prendre réellement sa place, il se fond dans la peau du peintre. Des chevalets nous inciteraient presque à peindre. Au bout  de ce long voyage semé de belles découvertes et d’étapes hautes en couleurs, le visiteur se  retrouve dans  l’ambiance d’un café d’antan. Il  peut s’asseoir  tout en appréciant la qualité des tableaux mis à sa disposition.

Eclipsée par la rétrospective dédiée à Edward Hopper, cette exposition mérite d’être découverte. Ce voyage quasi initiatique dans une culture souvent émaillée de clichés permet au grand public de s’enrichir et de vivre une expérience culturelle qui nous sort du quotidien.

Jessica Staffe

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