La collection Alicia Koplowitz au Musée Jacquemart -André: un trésor artistique dans un écrin architectural

Le musée Jacquemart-André existe depuis plus d’un siècle. Il renferme des œuvres inestimables et couvre des périodes allant de la Renaissance italienne à l’art contemporain en passant  par la peinture flamande, et la peinture française du XVIII. Cette collection se compose aussi de mobilier, d’objets d’art, de tapisseries, et de fresques. Ainsi elle retrace l’histoire de l’art sur environ six siècles. Aujourd’hui, c’est une propriété appartenant à l’Institut de France et gérée par Culturespaces. Il accueille de nombreuses expositions.

Du 3 mars au 20 juillet 2017, le musée propose en exclusivité la collection d’Alicia Koplowitz. Cette collectionneuse compulsive d’origine espagnole est passionnée d’art. Depuis l’âge de 17 ans elle a voyagé à travers le monde pour acheter les tableaux des plus grands maîtres. Elle compte de cinquante trois oeuvres de Von Dongen, Goya, Bourgeois, Picasso, Schiele, Freud… Cette richesse artistique comporte des trésors et montre surtout, qu’Alicia Koplowitz est une connaisseuse avisée. Cette collection impressionnante révèle un goût prononcé pour l’esthétisme, l’audace et la modernité. Elle dévoile aussi une certaine forme de féminisme. En effet cette collection met en lumière de nombreux portraits de femme à la fois modèle, muse, femme fatale ou figure religieuse et iconique. Ainsi l’exposition Zurbaran à Rothko est exceptionnelle à tous les points de vue. Elle permet au musée Jacquemart-André d’entamer un printemps culturel sur les chapeaux de roues. 

L’histoire du Musée Jacquemart André

Construit sur le boulevard Haussmann situé à l’époque dans le village Monceau rattaché à Paris, l’hôtel particulier Jacquemart-André a été façonné par l’architecte Henri Parent entre 1868 et 1876. Henri Parent est un spécialiste de l’architecture traditionnelle. Ce modèle classique (également par les décors et les façades) est conçu sur un plan symétrique. Ce joyau a été inauguré en 1875. L’implantation n’est pas choisi au hasard. A l’époque le quartier Hausmann-St Lazare abrite l’aristocratie parisienne. Il y existe une véritable effervescence culturelle, financière et politique. Les élites y vivent, y dépensent leur argent et en font parfois un lieu de dépravation où toutes les excentricités et les mondanités sont permises. On y trouve de nombreuses banques, hôtels particuliers et autres résidences d’exception. Il concentre toute la modernité de l’époque: des boulevards rectilignes, l’Opéra Garnier, la Bourse de Paris, et les Grands Magasins.

De nombreux auteurs de l’époque comme Emile Zola ou Guy de Maupassant y campent l’action de leurs romans. Cette citation de Zola tirée de La Curée le prouve: «c’est un étalage, une profusion, un écrasement de richesses ». Cette ostentation est toujours présente aujourd’hui dans les nombreux hôtels particuliers, les banques, les assureurs et les boutiques de luxe qui peuplent ce quartier d’exception.

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Hall du musée Jacquemart-André

En entrant dans cet hôtel particulier, le visiteur pénètre dans l’intimité du couple de collectionneurs Edouard André et Nélie Jacquemart. Cette demeure d’apparat appartient à deux collectionneurs invétérés passionnés par l’art et le voyage. Ces deux âmes sœurs sont à l’origine des collections permanentes  de du musée portant leur nom. Amatrice de la Renaissance italienne, elle se rend avec son mari chaque année en Italie, ils y acquièrent les plus belles pièces. Grâce à leur passion commune, ils nous ont légués la plus belle collection d’art italien de France.

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Salle vénitienne musée italien – Musée Jacquemart-André

Aujourd’hui les visiteurs contemplent ces œuvres autant rares qu’exceptionnelles dans la partie musée italien. Mécènes et philanthropes, leur philosophie se fonde sur la notion du partage de l’art. C’est dans cet esprit que Nélie Jacquemart cède l’hôtel particulier à l’Institut de France. Il est transformé en musée en 1913.

L’hôtel particulier Jacquemart-André: une demeure intime

L’intimité se ressent dans cette demeure. Leurs esprits y règnent encore aujourd’hui. Comme toutes les maisons-musées, elle laisse transparaître une atmosphère chaleureuse. Le visiteur évolue comme dans un cocon. Cette habitation est ornée des plus beaux apparats. Elle regorge des table, de commodes, de guéridons, de marquises, de sièges, de secrétaires,de lits de style différents (Louis XIV, Louis XV, Louis XVI) et éclectiques. Dans les grands salons les époux André organisaient des réceptions fastueuses où le Tout-Paris était invité. L’architecture, la décoration de ces salons dévoilaient toutes la richesse et la somptuosité des acquisitions des Jacquemart André. Lors des soirées, la salle à manger, le grand salon, le salon de peinture et le hall ne faisaient qu’un. Les convives étaient alors subjugués par la beauté et l’originalité du lieu. Ces salles ainsi réunies pouvaient compter jusqu’à mille invités. Dans ces salons d’apparat tous s’y pressaient. Aujourd’hui, le public peut y admirer des tableaux de l’école française.

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Le Grand Salon de Peinture du Musée Jacquemart André

Le grand salon des peintures est époustouflant. Par son architecture, ses dorures et ces décoration, il rappelle les grandes heures de la Renaissance italienne. La rotonde s’inspire surtout des demeures et des musées florentins tant chéris par le couple Jacquemart-André. Elle peut aussi faire penser aux fresques peintes par Michel Ange à la Chapelle Sixtine. Tout autour de cette magnifique rotonde des boiseries dorées viennent embellir les murs et valorisent aussi toutes les sculptures ainsi exposées. Ces bustes de Coysevox, Houdon ou encore Lemoyne révèlent la fascination de ces artistes pour l’antiquité gréco-romaine. Cette pièce marie la flamboyance de la Renaissance et la magnificence de l’antiquité gréco-romaine. Comme dans toutes les demeures aristocratiques, on trouve aussi un salon de musique. La musique faisait partie intégrante de l’éducation des jeunes filles tout autant que les belles belles et l’initiation à l’art. Ce salon majestueux accueillait le bal les soirs de concert.

L’intimité du couple s’exprime particulièrement dans les appartements privés.

Les appartement privés se situent au rez de chaussée du musée. C’est dans cet espace que les visiteurs ressentent que cet hôtel particulier était jadis habité par les Jacquemart André. On peut y voir la chambre de Madame et celle de Monsieur.

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Appartements privés des Jacquemart André- chambre de Madame

On les imagine très très bien se prélassant ou recevant leurs invités les plus prestigieux. La chambre de Nélie Jacquemart est aménagé dans le style Louis XV. Celle de son mari a complètement gardé le décor choisi par Edouard André. Dans son antichambre, on peut admirer son portrait réalisé dix ans avant leur mariage par sa femme. Ces pièces illustrent vraiment l’intérêt et le goût pour l’art de ce couple philanthrope. Le visiteur s’y projette parfaitement. Ces collectionneurs avisés auraient sans doute apprécié l’exposition proposée actuellement au Musée Jacquemart-André: De Zurbaran à Rothko, collection d’Alicia Koplowitz.

De Zurbaran à Rothko:sur les traces de la collection Alicia Koplowitz

  Tout comme les époux André,  Alicia Koplowitz traverse l’Europe et le monde à la recherche des plus belles œuvres. Celle collection se trouve dans la lignée de celle partagée par Edouard Andé et Nélie Jacquemart. Elle se fond parfaitement dans l’univers de ces amateurs d’art. Cette exposition est développée sur huit salles. Elle retrace le parcours de collectionneuse avertie d’Alicia Koplowitz. Elle nous laisse découvrir des trésors qui se devaient d’être montrés au grand public. Cet événement prouve aussi qu’aujourd’hui les collections privées recèlent de pépites. Elles ne sont pas toujours présentées aux visiteurs car leur prêt ou leur acquisition coûtent cher aux musées. Ils n’ont malheureusement pas toujours la possibilité de se procurer ces pièces d’exception.

Salle 1: Le siècle d’or espagnol

La première salle rend hommage aux origines d’Alicia Koplowitz. Elle met en valeur les œuvres des maîtres espagnols du XVIème, XVIIème et XVIIIème siècle. Ces tableaux laissent entrevoir une représentation traditionnelle de la femme dans l’art. Elle est très souvent peinte en Vierge dans la peinture religieuse.            

 Luis Morales la croque de cette façon dans La Vierge au chapeau avec l’Enfant, el Divino. Cette vierge gitane démontre que l’Espagne est une terre de mélange sur tout en Andalousie où l’Inquisition a été la plus destructrice. Cette figure religieuse est également reprise par Jean Baptiste de Francisco de Zurbaran dans la Vierge à l’Enfant. Ces tableaux ressemblent un peu à des icônes bibliques et révèlent aussi l’influence importante de la religion dans la peinture et la société de l’époque.        

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Francisco de Zurbarán Vierge à l’Enfant avec saint Jean-Baptiste Vers 1659, huile sur toile, 119 x 100 cm © Collection Alicia Koplowitz – Grupo Omega Capital

Après ces images iconiques on en vient au portrait de la Dona Ana Velasco y Giron. Cette peinture a été commandée par le duc de Frias à Juan Pantoja de la Cruz. La Duchesse de Bragance y resplendit. Ce tableau fait partie des portraits de cour. L’artiste a été le peintre officiel des rois Philippe II et Philippe III. Il connaît donc parfaitement bien les us et coutumes de la cour qu’il dépeint avec élégance et virtuosité. Il transcrit avec brio les détails de l’habit, de la collerette, de la dentelle et toute la délicatesse de la tenue portée. La Duchesse de Bragance y déploie toute sa beauté et fait honneur à son rang. Cette oeuvre rejoint ainsi tous les portraits de la peinture de propagande existants. Ainsi toutes les qualités esthétiques de la jeune noble y sont représentées pour montrer son meilleur visage avant son mariage

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Juan Pantoja de la Cruz Portrait de Doña Ana de Velasco y Girón, duchesse de Bragance, de trois-quarts, en habit de cour 1603, huile sur toile, 103 x 82 cm © Collection Alicia Koplowitz – Grupo Omega Capital

Goya est peut-être le plus illustres des peintres présents ici. Les trois tableaux exposées ici ne sont pas forcément les plus célèbres du peintre mais rappellent que les facettes de son œuvre sont multiples. Goya avec son génie pictural met en en images le siècle des lumières espagnol. Hercule et Omphale symbolise la soumission de la force de l’homme à la beauté et l’intelligence des femmes. Cette toile peut être considérée comme féministe e montre l’emprise des femmes sur les hommes. L’attaque de la diligence laisse transparaître une certaine violence. Les couleurs plutôt claires et lumineuses sont trompeuses et s’opposent à la terreur et la violence que peut inspirer la scène. C’est aussi dans les détails que l’on reconnaît les chefs d’oeuvre et aux sentiments que peut ressentir le spectateur face à cette œuvre. Le troisième tableau de Goya s’intitule le portrait de la comtesse de Haro s’inscrit dans la tradition des portraits de cour avec quelques notes plus sombres et plus tragiques.

Salle 2: l’Italie et la flamboyance

Dans cette salle les peintures se répondent et dialoguent entre elles comme le ferait deux pays. L’art permet de franchir les frontières . Elles croisent les regards d’artistes italiens sur Venise et sur l’Espagne. Des peintres comme Tiepolo ou Antonio Joli ont aussi travaillé aau service de la monarchie espagnole. La cité lacustre est sublimée dans les toiles de Guardi et de Canaletto. On peut y admirer la magnificence des canaux et celle du palais des Doges. Des peintres comme Antonio joli ont aussi cherché leur inspiration loin de l’Italie en Espagne.

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Francesco Guardi L’arcade du Palais des Doges à Venise, en direction de la basilique San Giorgio Maggiore Huile sur toile, 49,5 x 36,2 cm © Collection Alicia Koplowitz – Grupo Omega Capital

Antonio Joli a su magnifié Madrid. Ces paysages nous emmènent dans cette ville pleine de charmes et de volupté et nous font voyager. On se perdrait presque dans leur contemplation. Face à ces vues hors du temps, on trouve quatre portraits de Pietro Antonio Rotari. Ses modèles reflètent parfaitement l’état d’esprit du XVIIIème siècle. Ce mélange d’inspiration est aussi visible dans les dessins de la famille Tiepolo. Giambattista et Giandomenico exprime toute leur créativité et leur finesse. Giambattista a d’ailleurs réalisé la fresque l’Apothéose de l’Espagne que lui a commandée le Roi Charles III. Deux créations graphiques de Lorenzo viennent s’ajouter. Ces deux pastels illumine la salle par leur couleur et l’égaye par leur clarté. Chacune de ces œuvres traduit l’existence d’échanges culturels entre l’Italie et l’Espagne au XVIIIème siècle. Elles prouvent que l’art dépasse les frontières et est vectrice de dialogue.

Salle 3: Et quand se dessine l’art moderne

Dans cette salle nous arrivons vers la fin du XIXème siècle. Le visiteur se nourrit d’oeuvres qui ont marqué les prémices de l’art moderne. Il pénètre dans une période où l’effervescence artistique est à son comble.                Paris devient une capitale artistique et culturelle incontournable.                                                                              

Les natures mortes de Van Gogh en sont l’exemple. Le Vase aux oeillets respire la vie. Cette peinture par touche donne du mouvement à ce qui est inanimé.                                                                                                                      

Dans Femme au bord de la rivière Paul Gauguin s’imprègne de son voyage en Polynésie. Il retranscrit autant la beauté de cette femme que la luxuriance de la nature. Il appelle à la volupté et apporte une certaine douceur de vie. La femme y reste un mystère et ce paysage nous procure de l’évasion.

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la femme au bord de la rivière  la rivière Paul Gauguin © Collection Alicia Koplowitz – Grupo Omega Capital

La liseuse de Toulouse Lautrec est un portrait de femme et pas n’importe lequel, il s’agit de celui de sa voisine. Il n’est pas réalisé dans l’atelier de l’artiste mais dans l’appartement de sa voisine. Il saisit avec tendresse et douceur l’intimité de cette femme. Cette proximité donne une certaine profondeur à ce tableau. Une émotion s’en dégage. Il a su rentrer dans la psychologie de son modèle et détaillé avec minuties les détails de son visage et de son corps à demi nu.

Avec la femme à la robe bleue, Schiele explore le dessin érotique. Son trait expressif et rapide nous plonge dans un univers féminin qui lui semble étrange.

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Egon Schiele Femme à la robe bleue 1911, aquarelle et lapis sur papier 47,9 x 28,8 cm © Collection Alicia Koplowitz – Grupo Omega Capital

Salle 4: La modernité espagnole

Dans cette salle on retrouve des œuvres chers à Alicia Koplovitz. Elle est consacrée aux peintres espagnols qui ont marqué l’art moderne de leur empreinte. On peut y admirer trois tableaux de Picasso. Chacun d’entre eux démontrent la virtuoisté du trait et le génie de cet artiste fantasque.                                                                           

Dans le petit portrait du jeune homme de 1900, il manie avec dextérité le pinceau et les couleurs. Ici la période rose de Picasso est illustrée par le demi-nu à la cruche de 1906. Les touches de rose et de ocre se marient à la perfection. Elles évoquent les couleurs chaudes de la Catalogne où a été peint le tableau. La figure de tête et main de femme (1921) amène à une autre période artistique de Picasso le néoclassique. L’équilibre qui transparait ici s’oppose aux formes totalement destructurées de sa période cubistes. Toutes ces toiles du grand maître indiquent une richesse artistique. Il sait se réinventer et créer aussi de nouveau repères. Chacune de ses peintures questionnent sa représentation du monde et de l’humain. Le cubisme est d’ailleurs exprimé dans la nature morte de Raul Gris dans le Violon et le Journal de 1917.

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Pablo Picasso Tête et main de femme 1921, huile sur toile 65,4 x 54,9 cm © Collection Alicia Koplowitz – Grupo Omega Capital © Succession Picasso 2017

Salle 5: des avants gardes parisiennes

Paris est une plaque tournante de l’art pendant toute la mreière moitié du Xxème siècle. De nombreux peintres français et étrangers y installent leur atelier.  la vill lumière est le lieu où il faut être. Un certain vent de liberté et d’extravagance y souffle. Elle inspire les plus grands noms de la peinture et de la sculpture.                                   

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Kees van Dongen Femme au grand chapeau 1906, huile sur toile 100 x 80,5 cm © Collection Alicia Koplowitz – Grupo Omega Capital ©

 La femme au grand chapeau (1906) de Van Dongen incarne cette folie. La nudité du modèle est renforcée par le rougeoiement des lèvres. La chaleur des couleurs et le regard provocateur font de ce modèle une femme fatale à la fois séduisante et séductrice.

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Amedeo Modigliani La Rousse au Pendentif 1918, huile sur toile 92 x 60 cm © Collection Alicia Koplowitz – Grupo Omega Capital

Cette liberté de ton est l’une des raison pour lesquelles les avants gardes s’imposent à Paris. Dans le regard de la rousse au pendentif (1918) Modigliani nous plonge dans le décolleté plus exactement dans le cou de son modèle. En effet le visage apparaît plus lointain. Ce portrait atiire l’oeil du spectateur. Il nous interpelle aussi par l’opposition des couleurs. Le tabaeau est à la fois clair et obscur. Le cou est totalement dénudé et les épaules aussi. Le corps se dévoile. Il évoque le désir tout autant que les cheveux dénoués. Avec Nicolas de Staël, on s’immerge dans une peintur plus expressive et énigmatique..

Salle 6 ,7 et 8 :le dialogue des arts

Dans cette section les œuvres modernes et contemporaines se rencontrent. Pour Alicia Koplowitz, l’art s’appuie sur un dialogue des cultures et des matières. Les œuvres possèdent chacune une histoire et s’apparente chacune à une représentation particulière et originale du monde d’hier et d’aujourd’hui. On retrouve ici des créations des plus grands artistes de ces soixante dix dernières années. La matière est au centre de ces créations et est travaillée sous toutes ses formes mêmes les plus inattendus.                                                                                                                                                                     Des artistes comme Antonio Lopez Garcia poursuivent la veine figurative dans des portraits. A travers Mari, il recherche la beauté idéale. Cette peinture prend pour modèle les portraits de la Renaissance avec cette quête insatiable de la perfection.    

Le buste féminin  du Julio Gonzalez est construit sur la pureté des lignes et des formes. Cette sculpture en bronze est totalement imprégnée de la tradition des statues grecques. Après le bronze matériau noble des sculptures, Gonzalez a choisi de mainier le fer. Grâce à cette matière, il a trouvé de nouvelles inspirations stylistiques et formelle. Pour autant il s’approprie le modèle antique de Daphné. Cette œuvre monumentale de 1937 est une interprétation cubiste. Gonzalez à largement influencés ces contemporains. Ils restituent chacun à leur manière des canons de beauté propre à chaque époque. 

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Julio González Daphné 1937, fer soudé et forgé 163 x 73 x 36 cm © Collection Alicia Koplowitz – Grupo Omega Capital

Antonio Tapies mélange la peinture à l’huile et le sable. Cette étrange mixture donne un résultat original et des couleurs vibrantes. Il essaye aussi de travailler conjointement la peinture à l’huile, la terre et la poudre de marbre. Dans Parallèles (1952), la matière est une œuvre par elle-même. Elle est à la fois sujet et objet. Les griffures et les lacérations font vivre la toile. Cette expressivité violente ne laisse pas indifféent et pose question. Au contraire les expressionnistes américains se sont différenciés par une recherche abstraite de la couleur. Cette technique donne une certaine puissance à leurs œuvres. Pour montrer cette force, Willem de Kooning utilise l’action painting sur son tableau sans titre IV. Quand à Mark Rothko, il a opté pour le colorfield painting. Cette interpénétration des couleurs apportent une dimension contemplative à N°6.

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Mark Rothko N°6 (Jaune, blanc, bleu sur jaune sur gris) 1954, huile sur toile 240 x 151,8 cm © Collection Alicia Koplowitz – Grupo Omega Capital © 1998 Kate Rothko Prizel & Christopher Rothko – ADAGP, Paris, 2017

Dans sa sculpture en bronze intitulé la Femme de Venise (1956), Giacometti reprend les codes de la sculpture classique et y ajoutant sa pâte.Ainsi elle demeure énigmatique. `

Dans la femme à la fourrure, Lucian Freud impose son regard violent au spectateur. Le peintre captive le regard fuyant de cette femme. Cette représentation est loin d’être douce et enjouée. Elle véhicule une certaine froideur. Ce regard détourné ne nous aide pas à connaître ses sentiments  Ce tableau laisse perplexe et crée un certain malaise chez la personne qui le regarde. La texture épaisse permet à Lucian Freud de dessiner les traits du visage avec minutie. Sous son pinceau le modèle du peintre prendrait presque vie.

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Lucian Freud Fille au manteau de fourrure 1967, huile sur toile 61 x 51 cm © Collection Alicia Koplowitz – Grupo Omega Capital , Fukuoka Sogo Bank Ltd. /© Lucian Freud Archive/ Bridgeman Images

L’araignée (1998) de Louise Bourgeois symbolise l’arachnophobie. De nombreuses personnes craignent les araignées. Celle-ci est imposante mais inoffensive. Loin de faire peur à son auteur, cette araignée représente une figure maternelle. Cette idée peut paraître saugrenue. Elle rassure Louise Bourgeois. Cette artiste a voulu montrer qu’une peur peut être surmontée et que quelque peur elle semble complètement irrationnelle. L’araignée nous angoisse parfois parce qu’elle peut nous piquer mais est si minuscule par rapport à nous. C’est finalement elle qui devrait avoir peur de nous. Louise Bourgeois a voulu transformé cette peur en plaisir esthétique.

L’exposition de Zurbaran à Rothko, collection Alicia Koplowitz a trouvé parfaitement sa place au Musée Jacquemart -André. Ainsi ce sont trois destins qui se rencontrent. Celui d’Edouard André, de Nélie Jacquemart et d’Alicia Koplowitz. Tous trois sont de grands voyageurs et collecteionneurs. Pour eux l’art se fonde sur le partage. Ainsi aujourd’hui, leur passion et leur collection sont visibles par le grand public. La beauté de l’hôtel Jacquemart-André valorise la collection d’Alicia Koplowitz. Elle participe au dialogue et montre que l’art depuis des siècles est au centre de ces échanges culturels. La richesse de cette collection ne pouvait qu’éclore dans cet écrin .Elle faire découvrir au public des œuvres originales et souvent méconnues.

Jessica Staffe

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