A la découverte de Charles Gleyre au Musée D’Orsay

Depuis le 10 mai 2016, le musée d’Orsay présente l’oeuvre aux multiples facettes de Charles Gleyre. Cet artiste très souvent oublié fait pourtant parti du mouvement des romantiques. Il a côtoyé Eugène Delacroix, Gustave Flaubert et s’est inspiré de Géricault. C’est la première fois qu’une rétrospective de Charles Gleyre est proposée dans un musée national en France. . Ce rendez-vous paraît incontournable pour les aficionados du romantisme ou simplement les amateurs d’art.. Désormais Charles Gleyre ne sera plus dans l’ombre.

Présentation générale de l’oeuvre

Riche et paradoxale son œuvre se compose de portraits à la fois en petit et grand format , des scènes de combats , des paysages glanés au fils de ses découvertes, des représentations des vestiges antiques en Egypte et en Grèce. Son inspiration est donc multiple. Ce grand voyageur charmé par l’orientalisme peint des portraits d’hommes et de femmes croisés au gré de ces voyages tumultueux avec justesse et finesse.

Héritier de Titien ou Raphaël, il a donné aussi ses lettres de noblesse à la peinture religieuse et historique. Ces tableaux et ces toiles monumentales dévoilent des scènes antiques tirés des Bacchanales, des personnage provenant de la mythologie gréco-romaine, des instants bibliques tirés de l’histoire religieuse. Ces œuvres flamboyantes répondent donc aux codes du romantisme.

Au salon de 1849, il fait sensation avec la danse des Bacchantes.Il explore ici l’atmosphère de la Grèce primitive.

Les Bacchantes , Charles Gleyre exposé au Salon de 1849

la danse des bacchantes

 

Charles Gleyre de romantique repenti se tient au musée d’Orsay jusqu’au 11 septembre 2016.

Les brigands romains est une fresque qui symbolise la fascination des romantiques pour les rapports violents, le sang et les passions déchirantes. Cette toile complètement achevée est pourtant resté dans le secret de l’atelier car elle ne pouvait pas être exposée.

L’Orient, le voyage d’une vie

Voyageur invétéré, Charles Gleyre se sent piégé à Rome. Etouffé, il cherche à s’évader. Curieux et intrépide, il vogue vers l’Orient destination prisée à l’époque. Comme beaucoup de ses comparses, il est particulièrement attiré par l’orientalisme. Il s’embarque pour Khartoum. Ce voyage bouleversa sa vie et son œuvre. Il vit cette aventure humaine avec John Lowell. Cette folle évasion n’est pas sans risque. Ces traversées romanesques sont dignes des héros romantiques. Il pose un regard naturaliste et humaniste sur les hommes et femmes en Egypte et en Irak. Il dessine leur visage traits par traits. A la fois ombre et lumière, ces portraits expriment une chaleur humaine et invite à la rencontre de l’autre et de la différence. Ces regards figés dans le temps font écho aux sites archéologiques égyptiens. Emerveillés par toutes ces beautés, il reproduit avec minutie la magnificence et la démesure de l’architecture pharaonique. Entre chaos et organisation, ces colonnes structurent certains de ces tableaux. Dans cette étude approfondie , Charles Gleyre analyse l’histoire et l’humanité et apporte une forme d’analyse ethnologique et patrimoniale. A la façon des chercheurs et autres ethnologues, il fait un relevé précis des colonnes d’Amon et les met en valeur par une perspective incroyablement sublime.

orient charles Gleyre

Charles Gleyre: le mal aimé

A Dampierre, il réalise les décors de l’escalier du château. Apprécié par le duc de Luynes, il est rejeté par Ingres. A cause de ce dernier, le maître de cette demeure occulte une grande partie du travail de Gleyre. Humilié, l’artiste sort affaibli de cette expérience. Cette mésaventure ne l’empêchera pas de connaître le succès en 1843 grâce à l’exposition du Soir au Salon. Aujourd’hui, vous le trouverez au Louvre sous le nom Les Illusions perdues.

Les Illusions perdues Charles Gleyre

charles Gleyre

Durant cette exposition, vous pourrez admirer l’ingéniosité de Charles Gleyre, ses esquisses donnent l’impression que dessiner est un jeu d’enfants. Il s’est approprié avec brio les corps , les espaces et les lieux, il a su mettre en scène l’orient avec intelligence et respect. Il ne porte ainsi pas un regard dédaigneux sur les peuples de ces contrées éloignées de notre vieille Europe.

N’hésitez donc pas à vous rendre au musée d’Orsay vous en ressortirez enrichi.

Jessica Staffe

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