Annabelle : Même pas peur

Pas la peine de vous accrocher à votre siège pendant ce film. La peur ne vous saisira pas. Quelques scènes vous surprendront mais l’angoisse ne pointera pas le bout de son nez. Vous n’aurez pas non plus le souffle coupé. L’ennui vous gagnera sûrement lors des interminables sermons. La tonalité religieuse est bien trop présente comme si Dieu représentait la clé de tout. De nombreux moments du film sont attendus et répondent au classique du genre sans amener ne serait- ce qu’ un peu d’originalité. L’originalité s’avère totalement absente. Tout semble écrit dès le début. Pas de surprise, pas de rebondissements, l’ensemble demeure d’une platitude absolue. Rien ne vous surprendra à part peut-être la mocheté de la poupée. Venons-en à la poupée. Qui voudrait d’elle franchement ? Son regard apparaît glauque mais rien de plus. Annabelle représente le seul élément gore de cette production. Le problème est qu’à force de la voir, on a presque envie de rire. Vous n’aimeriez sûrement pas qu’elle vous fixe et vous ne vous amuseriez pas à collectionner ce genre d’objets. Pourtant tout le film repose sur cet élément d’apparence effroyable. Le compte n’y est pas. Rien n’est laissé au hasard. Tout est annoncé. Ce qui n’est pas dit on le devine facilement ça tombe en général sous le sens. Rien ne vient relever le niveau. Même les scènes censées être oppressantes et nous faire ressentir des sueurs froides tombent à plat. Aucune ne tombe à pic. Trop occupés à avoir peur, vous devriez ne pas pouvoir manger pourtant durant ce film on aurait bien envie de se remplir l’estomac. Cette sensation étrange comble les vides laissés par le manque d’intérêt de cette histoire. Rassasiez, vous le serez mais pas par le film. Il vous laissera seulement un goût amer dans la bouche. Vous ressentirez comme un goût d’inachevé. Rien n’est abouti, tout reste à construire. Le jeu des acteurs manque parfois de profondeur. Cet élément n’aide pas Annabelle à décoller. Le personnage de Mia apparaît trop simpliste et son manque d’envergure empêche  la création d’ une atmosphère crédible. Avec Annabelle, on ne retrouve pas l’ambiance des films d’horreur ou d’épouvante. L’atmosphère apparaît tendue mais pas effrayante. Cette tension ne nous tient pas en haleine et c’est surtout ça le plus gros écueil d’Annabelle. Il n’y a pas de musique ou très peu et les sons et effets utilisés ne parviennent à nous faire plonger dans l’angoisse. Rien n’y fait. Tous ces essais non transformés nous laissent perplexes et déçus de ne pas trembler de peur. La montée d’adrénaline n’est pas au rendez-vous, l’émotion non plus. Même en creusant un peu, on a du mal à trouver des instants vraiment haletants. Si après avoir lu tout ça vous voulez toujours le voir pour vous faire un avis comme tout cinéphile qui se respecte cela ne tient qu’à vous. Dans ce cas-là, je vous conseille de ne pas regarder la bande annonce. Sans ça le film n’est déjà pas terrible mais elle annonce tous les passages pouvant provoquer l’effroi ou ne serait-ce que la surprise. Le seul moment où vous apprécierez Annabelle, ce ne sera peut-être qu’en le partageant avec vos amis en soirée. Ils ne vous remercieront pas mais au moins vous ne supporterez pas ce fiasco seul et c’est déjà beaucoup. Rien se sert d’y courir vous resterez sur votre faim.

Jessica Staffe

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