Lettre ouverte à Robert Ménard

A l’attention de Monsieur Robert Ménard,

Cher Robert Ménard,

Aujourd’hui, tu as été élu à Béziers! Je n’ose pas dire le parti que tu as choisi, j’ai tellement honte! Comment as-tu pu ? As-tu trahi tes idéaux ? Toi qui a été le cofondateur de Reporters Sans Frontières, aujourd’hui nous avons l’impression que tu es devenu un autre homme. Jamais nous aurions pu imaginé un tel parcours politique. Hier tu représentais l’ouverture d’esprit, aujourd’hui la fermeture des frontières. Hier tu portais des valeurs universelles fondées sur l’égalité, la liberté et le respect des droits de chacun, aujourd’hui le parti que tu as rejoint partage une toute autre idéologie. Hier pour toi l’ouverture était gage de progrès pour l’humanité, aujourd’hui, on se demande ce qui t’es passé par la tête. Comment peux-tu adhérer à un parti dont la politique est construite sur des bases antisémites, racistes, non féministes, fascistes et anti européennes ? Hier ces positionnements t’auraient sûrement dégoûté aujourd’hui, ils ne semblent pas te gêner bien au contraire. Aujourd’hui tu ne te caches pas. Tu as même milité contre le mariage pour tous. Honnis sois-tu.  Expliques- moi pourquoi, je ne comprends pas je ne te comprends pas. De l’audace tu en as mais tu n’en fais pas bon usage.  Tu joues aujourd’hui avec le mécontentement des français. Tu agites les peurs et n’en as pas honte. Hier ces points de vues t’auraient pourtant révoltés. Aujourd’hui, ils te paraissent absolument  dans l’air du temps. Tu es loin des politiques de réforme ou de changement pour lesquelles tu as décidé de te battre jadis. Ces temps-là sont clairement révolus. Tant pis pour toi. Ton âme ne doit pas être  en pais mais je ne plains pas !

Tu es bien placé pour savoir que les mots ont de l’importance et que ceux que tu claironnes autant que tu peux sont pour nous vecteurs de maux. Dans ta bouche les mots deviennent des maux. Que t’es-t-il arrivé ? Le ciel te serait-il tombé sur la tête ? Je ne te comprends pas, peu de gens doivent de comprendre. Tes anciens collaborateurs sont les premiers à ne pas te suivre dans tes atermoiements. Ils se sentent trahis, salis mais je ne suis pas du genre à parler pour les autres. Ces propos n’engagent que moi.

Que t’es-tu arrivé? Pourquoi un tel virage. Je ne te comprends pas? Je suis déçue et je dirais même plus outrée par ton engagement auprès d’un parti pour lequel je ne donnerai jamais ma voix. Il n’y a pas si longtemps, tu donnais de la voix pour dénoncer, les injustices, l’absence ou le manque le liberté d’expression dans le monde dans lequel nous vivons. Citoyen du monde, le terrain était ta raison de vivre.  Hier, tu as voyageais aux quatre coins du monde pour remettre en cause les dictateurs. Hier tu t’étais engagé contre les J.0 de Pékin.

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L’organisation pour laquelle tu as œuvré aujourd’hui se désolidarise de tes choix. Beaucoup sont choqués par ses revirements et beaucoup ne te reconnaissent pas. Que t’es-t-il arrivé ? Je ne te comprends pas.  Hier, ton combat humain est humaniste faisait de toi quelqu’un de respectable et de respecter. Aujourd’hui, la plupart de ces personnes doivent se sentir trahies. Hier, tu osais prendre des positions  politiquement incorrectes et surtout économiquement peu rentables pour les gouvernements que tu incriminais ! Ce n’est pas possible, serais-tu devenu un autre homme ? Tout ça n’aurait été qu’un mirage. Tu ne pensais pas ce que tu disais ? Pourtant en t’écoutant, on y croyait, tu étais le porte paroles des sans voix et des peuples que l’on oubliait.

Hier, tu étais la bête noire de  certains politiques, aujourd’hui tu es devenue ma bête noire ! Hier, tu portais haut et fort les couleurs de l’universalisme et l’universalité ! Aujourd’hui tu as perdu toute ouverture d’esprit. Hier la liberté de la presse représentait ton crédo et ça on ne pouvait pas te le reprocher bien au contraire ! Aujourd’hui, tu cracherais presque sur les médias que tu défendais tant ! Mais pourquoi ce revirement. Hier, l’état de la liberté de la presse, de l’expression ou de l’opinion  était un sujet pour lequel tu te battais au quotidien. A cette époque tu fustigeais sûrement tes nouveaux amis. Jamais nous aurions pu pensai qu’un jour ton cœur  balancerai vers le Front National ou le parti bleu Marine, peu importe c’est la même chose.

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Hier, c’était hier, aujourd’hui c’est aujourd’hui. Ta victoire aux municipales de Béziers me laisse un goût amer. Je suis triste de cette transformation. Je ne pleurerais pas sur ton sort. Je voulais juste faire état de mon incrédulité  et  crier ma déception. Hier, je te respectais, aujourd’hui, tu me donnerai presque envie de vomir. Oui je suis en colère contre tout ce que tu n’es plu mais ton qui faisait de toi un homme bon. Tu es définitivement descendu de ton piédestal. La réalité n’est pas toujours celle que nous voudrions. Aujourd’hui, je suis réaliste et je vois que ton cheminement est contraire à mes valeurs. Aujourd’hui, je ne  partagerai pas tes combats, je te combattrais.

Je n’y crois toujours pas pourtant la réalité est bien là ! Dis-moi que c’est faux. Je me pince et pourtant rien ne change. Aujourd’hui, tu me déçois et je crois que rien ne peux changer cet état de de fait et c’est  bien dommage.

Bien à vous

Jessica Staffe

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