Mandela : une vie consacrée à la liberté

Le 5 décembre 2013 Mandela a émis son dernier soupir à Johannesburg. Mort à l’âge de 95 ans, il a toujours combattu pour libérer le peuple de l’Afrique du Sud de l’apartheid.  Mandela : a long walk to freedom revient sur ce combat d’une vie.  La justice faite par les blancs pour les blancs opprimait les noirs. Insoumis et rebelle, il représente très rapidement une figure charismatique. Ce dévouement humaniste a souvent conduit Madiba loin de sa famille et de ses amis.

Cette dévotion viscérale pour son peuple a failli lui être fatale. Il n’a jamais abandonné même quand tout semblait contre lui. Il a avancé lentement pour imposer sa vision de la justice, du pouvoir et construire son Afrique du Sud. Cette bataille, il l’a mené envers en contre tous. Ces proches l’ont soutenu. Sa deuxième femme Winnie Mandela s’est dévouée corps et âme pour le  faire libérer. Malmenée, molestée, elle l’a payée de sa vie. Cet engagement loin de son mari l’a radicalisée. Partisante de la non violence, elle a finalement adhéré à des pratiques plus violentes. Ce retournement l’a éloigné de  Nelson Mandela. Ses compagnons de route ont aussi subi le même sort.

Un long chemin vers la liberté

Ce film biographique. retrace le parcours politique et humaniste de Nelson Mandela. Très jeune, Il a su qu’il devait consacrer sa vie aux autres.  Cette aspiration s’est révélée vrai et a annoncé un destin hors-norme.

C’est en 1948 que Nelson Mandela rejoint l’ANC. Dès 1949, il commence à lutter contre le nouveau gouvernement Africaker. Le pouvoir est exclusivement aux mains des blancs. L’apartheid,  régime ségrégationniste, se met lentement en place. Des lois raciales soumettent les noirs et les empêchent de se mêler aux blancs. Un noir ne peut épouser une blanche, certaines professions leurs sont interdites. Des raids sont organisés par l’année pour endiguer toutes volonté de rébellion et terroriser la population noire. Victimes d’intimidations, d’harcèlements quotidiens et parfois de tortures lorsqu’ils se font arrêtés, ils vivent tous dans la peur . Ils sont parqués dans des townships, le plus connu étant celui de Soweto. Dans la pauvreté, ils sont complètement exclu de la société civile et sont vus comme des sous hommes. Cette vision  rappelle la politique d’extermination systématique des juifs  voulue par les nazis. Des centaines de noirs  meurent dans l’indifférence générale. La violence n’a aucune limite et est considérée comme juste par le pouvoir en place. Systématique, elle s’apparente à un racisme normalisé jusqu’aux plus hautes sphères de l’Etat.Le congrès national africain  (ANC)  gérée par Mandela dès 1952 apparaît rapidement  comme une organisation terroriste qu’il faut impérativement éliminée.   Ses membres  sont souvent arrêtés, torturés puis enfermés dans des prisons insalubres à l’abri de tous regards étrangers.

 Un film réaliste

Partisan de la non violence et de l’égalité, il a du rentrer en clandestinité pour mener sa lutte afin de pouvoir donner un gouvernement libre à l’Afrique du Sud dans lequel les blancs et les noirs pourraient partager le pouvoir.

Avocat de formation, il a toujours cru à la justice.  Suite au massacre perpétré à Sharpeville en 1960,  Nelson mandela  décide d’employer la force. Une branche armée de l’ANC est créée. Umkhonto we Sizwe prépare les militants au combat. Mandela : a long walk for Freedom illustre cette violence inhumaine. Sans en rajouter, les images dece massacre  révèle ntcet acharnement  perpétuel. Battus à morts sans raisons, leur seule  faute était d’être noirs. elles demeurent insupportables. Ce réalisme ambiant touche au plus profond. L’émotion saisit le téléspectateur et le refroidit. Comment une telle violence gratuite peut elle existée et peut être institutionnalisée ? Comme disait Mandela : « l’homme apprend à haïr, il fait lui apprendre à aimer ».

Ce film relate les actions de sabotages contre des emblèmes du pouvoir afrikaner. Il montre que des bureaux administratifs, des bureaux de postes ont été brûlés. Vides lors de ces démonstrations de force, ils n’ont pas fait de victimes. Des grèves générales sont aussi montrées dans cette production. Leur but était de prouver que les noirs pouvaient résister à l’oppresseur et que la minorité était finalement nombreuse et organisée. Ces actions clandestines ont fini par coûter la liberté à Nelson Mandela. En 1962 il est arrêté.  Il plaide non coupable et risque la peine de mort. Ces plaidoiries ressemblent plutôt à des plaidoyers. Il ne suit pas forcément l’avis de ses avocats. Cette lutte lui a permis d’échapper à la mort. Les autorités ont préféré le condamner lui et ses acolytes à la prison à vie. Cette décision ne met pas fin à son combat. A l’extérieur sa femme s’occupe de rassembler la résistance  La population noire soutient l’action de Winnie Mandela. Sa fille Zinzi  rentre aussi dans la lutte.

 L’incarcération mise en image

 Nelson Mandela  et ses compagnons de route subissent des mauvais traitements lors de leurs incarcérations. Toujours déconsidérés, ils ne perdent pas leur ambition. Ils travaillent dans des conditions difficiles. Enfermés dans des  cellules de fortune, ils survivent dans la désuétude. Les chefs de la prison veulent à tout prix les casser et s’acharnent sur eux.

Madiba garde son espérance et continue sa révolte. Même en  prison il reste charismatique. Les autorités pénitenciaires se méfient de lui comme de la peste. Il met en danger ce système. Elles cherchent à l’affaiblir. Il ne peut recevoir que deux lettres par an. Il apprend la mort de son fils puis de sa mère. Ces décès le touchent aist ne remet pas en  cause son engagement.  Ces images sont  dures et insupportables. La réalité est parfois compliquée à montrer. Ce film a cherché à mettre en image la brutalité des autorités de l’apartheid. Il ne fait pas de Mandela un martyr mais bien une victime de l’univers concentrationnaire soutenu par l’apartheid.

 Une interprétation à la hauteur du personnage de Mandela

 

 Cette production sort peu de temps après la mort de  Mandela. Elle rend hommage au parcours exceptionnel de cette icône de la liberté et de la justice. Cette œuvre permet de suivre l’itinéraire et les sacrifices de cet homme hors du commun. L’intérêt du film réside dans le fait que le réalisation ait choisi des acteurs Sud africains. Tous ne le sont pas mais cette démarche renforce la portée du film. Mandela : a long walk to freedom retranscrit avec humanité, clarté et objectivité la vie de cet activiste. Sans en faire l’apologie, il dévoile à la fois les qualités humaines de Mandela, son attachement aux droits des noirs mais aussi rappellent ses parts d’ombres et ses blessures. Ses déchirures sont traitées au même niveau que ses réussites. Tout est passé au crible. Ce travail accompli donne une dimension historique au film. On voit qu’il est très documenté. Il n’a pas pour but d’accréditer une légende Mandela. Il établit simplement  une vision réaliste de l’homme qu’était Madiba.  La réconciliation devient nécessaire même si une partie de la population noire y est hostile. Quant aux blancs, ils n’étaient pas forcément près à partager le pouvoir et craignaient des représailles. Madiba a œuvré pour reconstruire son pays.

Idriss Elba joue avec justesse ce héros  de l’apartheid. C’est un rôle loin d’être évident lorsque l’on sait ce que symbolise le premier président noir de l’Afrique du Sud. Ce film est le premier à être sorti après la mort de  Mandela. Il pose la question de l’héritage et du vide laissé par cet esprit éveillé. Jouer ce rôle représentait un défi pour cet acteur. Il l’a relevé avec brio et intelligence.

Il s’efface pour laisser place à Mandela. Il prend parfaitement bien les traits de son mentor. On croirait voir  Mandela. Cet aspect amène encore plus d’émotion. Il se fond dans le moule. C’est presque déroutant. Cette interprétation repose sur beaucoup de travail, une analyse fine du personnage et une connaissance de son œuvre.  Naomi Harris incarne à la perfection Winnie Mandela. Elle fait de cette femme une héroïne. Sans s’apitoyer sur son sort, elle lui donne toutes ces lettres de noblesse. Ces deux acteurs sont parfaits pour jouer le rôle du couple Mandela.

Ce biopic est une réussite. Il est presque trop court pour résumer la vie de Nelson Mandela. Du début à la fin on le suit dans sa quête de liberté. On aurait parfois aimé en voir encore plus. Ce récit biographique respecte l’identité et la mémoire de Mandela. La chanson du générique interprété par U2 boucle parfaitement le film.

Plébiscité par le public et la critique, il a reçu un accueil chaleureux et mériterait de recevoir des prix.

Jessica Staffe.

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