Betul Tambay: 1ere opposante au projet d’urbanisme d’Erdogan à Istambul

Betul Tambay est une mathématicienne émérite. Elle officie à l’université  D’Istambul. Cette femme d’une cinquantaine d’années est la première à s’être opposée au gouvernement turc contre leur projet d’urbanisme.Elle s’est mobilisée pour défendre l’existence du Parc Gezy. Ce poumon vert au coeur de la bile est menacé par la construction d’un centre commercial.  Comme elle l’a rappelé au micro de BFM TV, ce lieu doit resté un havre de paix pour que les stambouliotes  continuent  à y respirer le grand air.

Betul Tambay:le souffle de la liberté

La Turquie demeure un pays laïque. Les femmes y ont des droits et une place importante. Pour toutes ses raisons Betul Tambay symbolise  cette cristallisation et cette volonté de changer la situation. Elle illustre l’image de la femme moderne turque. Plus qu’intégrée, elle représente un modèle de réussite sociale. Pour autant, elle ne souhaite pas être considérée comme l’instigatrice du mouvement. Pour elle le plus important reste que les jeunes turcs se battent pour plus de libertés et pour construire une société fondée sur les droits à l’expression libre, à la liberté des médias et  à la liberté d’opinion politique. Les jeunes sont pour elle la preuve que la Turquie se transforme. Ils militent pacifiquement et prennent en main leur avenir. Si elle a débuté le mouvement, elle ne se doutait que deux ans après, il prendrait autant d’ampleur.

La place Taxsim: symbole de la contestation de la jeunesse turque

Non loin de là, la Place Taxsim apparaît comme le centre de contestation du pouvoir turc. Outre ce projet immobilier et commercial, ils veulent également implanter une nouvelle mosquée. S’en est trop pour les turcs. Depuis jeudi, des milliers de manifestants se sont massés sur cette place.

Dans de nombreuses villes de Turquie comme Ankara ou encore Ismir, des turcs ont démontré par leur mobilisation leur lassitude face à la politique autoritaire de L’AKP parti tenu d’une main de fer par le premier ministre Erdogan.  Ce parti islamo- conservateur impose une politique rigoriste et cherche à réislamiser la société turque.  Erdogan ne semble pas près à lâcher du lest et à offrir plus de libertés à son peuple. Face à la colère de son peuple, il semble impassible. Détaché de la situation, il n’est même pas présent dans son pays. Cette tension le laisse indifférent. Il reconnaît pourtant la violence de la police et la déplore.  Ce manque de réaction prouve son autoritarisme politique. Il n’est pas prêt à lâcher le pouvoir. Il ne se sent par menacé par cette mobilisation sans précédent. Il ne craint pas les manifestants bien au contraire, il les met au défi. Selon lui, ce mouvement s’essoufflera bien avant lui. Ce point de vue révèle une fracture entre Erdogan et son peuple.  Sa politique n’est plus populaire aux yeux des turcs. Sans libertés, le seul moyen de pouvoir rassembler un certain nombre  de manifestants est l’utilisation des réseaux sociaux.

Tout comme lors du Printemps aras, Facebook et Twitter ont joué un rôle prépondérant dans l’ampleur de cette opposition. Sans eux les médias occidentaux et mêmes turcs auraient eu l’information bien après. Même, s’ils ne font pas tout, les réseaux sociaux et internet plus globalement sont des moyens d’expression simple pour partager des idées politiques et mener une révolte silencieuse au départ. Cette révolte devient effective peu à peu et se répand comme une trainée de poudre.

Betul Tambay a lancé un mouvement d’opposition qui aujourd’hui déstabilise le gouvernement turc. Sans savoir son refus a été la pierre angulaire d’une contestation plus générale. aujourd’hui, les jeunes reprennent le flambeau sans complexe.

Cette mobilisation sonnet-elle le gals d’un printemps turc?

Jessica Staffe

 

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