Marc Chagall s’expose au musée du Luxembourg

source RFI

Affiche de l’exposition Marc Chagall « entre guerre et paix » au musée du Luxembourg source RFI

«Entre Guerre et Paix», c’est l’exposition du moment au Musée du Luxembourg. Elle présente la richesse de l’œuvre de Marc Chagall. Il  a traversé le vingtième siècle. Influencé par le cubisme, le futurisme, le surréaliste, sa peinture se compose différemment selon les époques. Il s’adapte et se nourrit des codes de chacun de ces courants picturaux.

Marqué par l’exil et les deux conflits mondiaux, il peint son environnement et son ressenti. Issu d’une famille juive russe, il vit la révolution russe comme une déchirure. Dès lors Paris devient sa ville d’élection. Ville chère à son cœur qu’il quittera  en 1941 pour New York avant d’y revenir après la guerre.

L’histoire, la famille, l’amour, la religion juive, la violence sont des thèmes récurrents. Déchiré, il reste attaché à sa ville d’origine Vitebsk. Bella, sa  femme représente une muse.

Bella, son amour et sa muse

L’amour de sa vie porte le doux nom de Bella Rosenfeld. Il l’épouse en 1915. A travers elle, il crée des tableaux dont l’univers apparaît sécurisant. La famille s’apparente à une bulle dans laquelle le bonheur se construit  chaque jour. Cette harmonie se ressent aux couleurs utilisées. Vives et énergiques, elles trahissent un monde heureux dans laquelle la nature s’avère luxuriante. Intime et intimiste, les traduisent l’amour passionnel qu’il vit avec Bella.

Une passion qu’il exprime ainsi : « C’est comme si elle me connaissait depuis  longtemps, comme si elle savait  tout de mon enfance, de mon présent, de mon avenir, comme si elle veillait sur moi ; je sentis que c’était elle ma femme …. Je suis entré  dans une maison nouvelle et j’en suis inséparable. ». Cette citation montre l’attachement que Chagall avait pour sa femme.  Le deuil l’anéantit en 1944.  Bella meurt et le laisse seul devant sa douleur.Son décès violent le marque à jamais. Sa peinture s’en trouve chambouler. Hanté par son souvenir, le personnage de Bella apparaît dans nombre de ses toiles. Son fantôme apporte un effet sombre à son trait et installe un certain malaise.

Chagall, un peintre et une peinture engagés

Chagall s’investit contre les inégalités sociales et la différence de représentation des différences religions. Sa peinture est imprégnée de figure bibliques et judaïques.  En 1931, il part pour la Palestine. Ce voyage spirituel le reconnecte à ses origines. Bouleversé par ce qu’il y découvre, il  produit les quarante gouaches sur la Bible.  Dans cette œuvre monumentale, il démontre une connaissance sensible de la Bible. Il respecte la tradition autant qu’il s’en défait. La religion prend une figure humaine.

La présence récurrente de la crucifixion de Jésus prouve que la persécution que subissent les juifs traumatise Chagall. A travers ces toiles, il dépeint la guerre. La violence, le massacre, les corps décharnés, le chaos sont traités par Chagall. A travers cette représentation quasi viscérale, il prouve son opposition à la guerre qu’il trouve absurde.  Ces tableaux respirent la désolation et une vérité difficile à déchiffrer. Les victimes s’entassent dans l’indifférence générale.

Dans une série de dessins, il livre une véritable chronique sanguinaire de la guerre. Sous sa mine naît des soldats blessés. Ils révèlent la gravité des évènements. Les  traits très dures et expressifs dévoilent des visages déchirés, criblés par la réalité. Quand ils ne sont pas blessés, ils partent à la guerre où essayent de fuir cet environnement hostile. C’est à cette époque que la figure du juif errant se matérialise dans l’œuvre de ce peintre. Il cherche par une peinture vivante à revitaliser la culture judéo-russe.  Cet engagement culturel se ressent lorsqu’il réalise le décor du théâtre juif de Moscou.

La brutalité de la guerre transparaît clairement. Si Chagall peint la mort, sa peinture demeure vivante.

 Chagall : entre  le rêve et  une réalité  menaçante

Le désespoir voire la désespérance laisse pourtant une place au rêve. Outre la représentation de la réalité, ces tableaux sont habités par des créatures féériques. Hybrides, ces animaux imaginaires rappellent que l’onirisme se joint à la réalité dans  son œuvre . Cet onirisme rappelle qu’il a joué un rôle dans le surréalisme. Le rêveur de Chagall y est conscient. Ce personnage est donc en prise directe avec la réalité.

A la fois magique et réaliste, cet univers s’apparente en partie à l’art défendu par André Breton. Il amène un peu de légèreté  dans cet art marqué par la violence.

En 1937, la vie de  Chagall s’assombrit. Ses œuvres sont saisis par les autorités. Il est contraint à quitter la France. Arraché à sa  terre d’élection, il part aux Etats-Unis. Toujours conscient, sa peinture reste influencée par la guerre. Cette distance donne une nouvelle dimension à sa peinture. Les flammes symbolisent l’enfer de ce conflit et  la perte du paradis. Cette noirceur apporte une tonalité sombre à ces tableaux.  La nuit  devient un thème  important. La nuit incertaine accompagne la folie du jour. De jour ou de nuit, la violence est partout.

«Tout est devenu ténèbres». Cette citation de  Marc Chagall résume bien cette exposition. Les ténèbres de la guerre et du deuil parcourent l’œuvre de cet artiste. Au delà de cette noirceur, on aperçoit les valeurs humanistes et pacifistes défendues par Chagall. Le bonheur et le rêve s’amenuisent mais ne disparaissent pas totalement.

Cette exposition propose de découvrir à la fois des œuvres  connus et inédites. Cette richesse offre  un aperçu complet de l’œuvre de Marc Chagall et garantit une belle découverte culturelle. Ces thématiques demeurent intemporels et continuent d’avoir une résonance à notre époque.

Vous avez jusqu’au 31 juillet pour vous délecter de cet événement culturel.

Jessica Staffe

Marc Chagall s’expose au musée du Luxembourg

«Entre Guerre et Paix», c’est l’exposition du moment au Musée du Luxembourg. Elle présente la richesse de l’œuvre de cet artiste. Marc Chagall  a traversé le vingtième siècle. Influencé par le cubisme, le futurisme, le surréaliste, sa peinture se compose différemment selon les époques. Il s’adapte et se nourrit des codes de chacun de ces courants picturaux.

Marqué par l’exil et les deux conflits mondiaux, il peint son environnement et son ressenti. Issu d’une famille juive russe, il vit la révolution russe comme une déchirure. Dès lors Paris devient sa ville d’élection. Ville chère à son cœur qu’il quittera  en 1941 pour New York avant d’y revenir après la guerre.

L’histoire, la famille, l’amour, la religion juive, la violence sont des thèmes récurrents. Déchiré, il reste attaché à sa ville d’origine Vitebsk.

Bella, sa  femme représente une muse.

Bella, son amour et sa muse

L’amour de sa vie porte le doux nom de Bella Rosenfeld. Il l’épouse en 1915. A travers elle, il crée des tableaux dont l’univers apparaît sécurisant. La famille s’apparente à une bulle dans laquelle le bonheur se construit  chaque jour. Cette harmonie se ressent aux couleurs utilisées. Vives et énergiques, elles trahissent un monde heureux dans laquelle la nature s’avère luxuriante. Intime et intimiste, les peintures de cette époque traduisent l’amour passionnel qu’il vit avec Bella.

Un passion qu’il exprime ainsi : « C’est comme si elle me connaissait depuis  longtemps, comme si elle savait  tout de mon enfance, de mon présent, de mon avenir, comme si elle veillait sur moi ; je sentis que c’était elle ma femme …. Je suis entré  dans une maison nouvelle et j’en suis inséparable. ». Cette citation montre l’attachement que Chagall avait pour sa femme.  Son décès violent le marque à jamais. Sa peinture s’en trouve chambouler. Hanté par son souvenir, le personnage de Bella apparaît dans nombre de ses toiles. Son fantôme apporte un effet sombre à son trait et installe un certain malaise.

Chagall, un peintre et une peinture engagés

Chagall s’investit contre les inégalités sociales et la différence de représentation des différences religions. Sa peinture est imprégnée de figure bibliques et judaïques.  En 1931, il par pour la Palestine. Ce voyage spirituel le reconnecte à ses origines. Bouleversé par ce qu’il y découvre, il  produit les quarante gouaches sur la Bible.  Dans cette œuvre monumentale, il démontre une connaissance sensible de la Bible. Il respecte la tradition autant qu’il s’en défait. La religion prend une figure humaine.

La présence récurrente de la crucifixion de Jésus prouve que la persécution que subissent les juifs traumatise Chagall. A travers ces toiles, il dépeint la guerre. La violence, le massacre, les corps décharnés, le chaos sont traités par  Chagall. A travers cette représentation quasi viscérale, il prouve son opposition à la guerre qu’il trouve absurde.  Ces tableaux respirent la désolation et une vérité difficile à déchiffrer. Les victimes s’entassent dans l’indifférence générale.  Dans une série de dessins, il livre une véritable chronique sanguinaire de la guerre. Sous sa mine naît des soldats blessés. Ils révèlent la gravité des évènements. Les  traits très dures et expressifs dévoilent des visages déchirés, criblés par la réalité. Quand ils ne sont pas blessés, ils partent à la guerre où essayent de fuir cet environnement hostile. C’est à cette époque que la figure du juif errant se matérialise dans l’œuvre de ce peintre. Il cherche par une peinture vivante à revitaliser la culture judéo-russe.  Cet engagement culturel se ressent lorsqu’il réalise le décor du théâtre juif de Moscou.

La brutalité de la guerre transparaît clairement. Si Chagall peint la mort, sa peinture demeure vivante.

Chagall : entre  le rêve et  une réalité  menaçante

Le désespoir voire la désespérance laisse pourtant une place au rêve. Outre la représentation de la réalité, ces tableaux sont habités par des créatures féériques. Hybrides, ces animaux imaginaires rappellent que l’onirisme se joint à la réalité dans l’œuvre de Chagall. Cet onirisme rappelle que  Chagall a joué un rôle dans le surréalisme. Le rêveur de Chagall y est conscient. Ce personnage est donc en prise directe avec la réalité.

A la fois magique et réaliste, cet univers s’apparente en partie à l’art défendu par André Breton. Il amène un peu de légèreté  dans cet art marqué par la violence.

En 1937, la vie de  Chagall s’assombrit. Ses œuvres sont saisis par les autorités. Il est contrait à quitter la France. Arraché à sa  terre d’élection, il part aux Etats-Unis. Toujours conscient, sa peinture reste influencée par la guerre. Cette distance donne une nouvelle dimension à sa peinture. Les flammes symbolisent l’enfer de ce conflit et  la perte du paradis. Cette noirceur apporte une tonalité sobre à ces tableaux.  La nuit sombre devient un thème  important. La nuit incertaine accompagne la folie du jour. De jour ou de nuit, la violence est partout. Le deuil l’anéantit en 1944.  Bella meurt et le laisse seul devant sa douleur.

«Tout est devenu ténèbres». Cette citation de  Marc Chagall résume bien cette exposition. Les ténèbres de la guerre et du deuil parcourent l’œuvre de cet artiste. Au delà de cette noirceur, on aperçoit les valeurs humanistes et pacifistes défendus par Chagall. Le bonheur et le rêve s’amenuise mais ne disparaisse pas totalement.

Cette exposition propose de découvrir à la fois des œuvres  connus et inédites. Cette richesse offre  un aperçu complet de l’œuvre de Marc Chagall et garantit une belle découverte culturelle. Ces thématiques demeurent intemporels et continuent d’avoir une résonnance à notre époque.

Vous avez jusqu’au 31 juillet pour vous délecter de cet événement culturel.

Jessica Staffe

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