All in one, Thomas Bayrle au Wiels

Le Wiels est le deuxième centre d’art contemporain de Bruxelles. Situé en plein dans la commune de Forest, il a été construit dans un environnement en pleine mutation. Installé dans une ancienne brasserie industrielle, ce lieu culturel accueille des expositions d’artistes peu connus. Il promeut des collections originales. Il propose à la fois des expositions temporaires et des expositions permanentes. Outre des évènements incontournables, une librairie très spécialisée offre une sélection de livres très pointus sur l’art contemporain. L’espace café vous plonge dans un univers cosy dans lequel le bio est très représenté. Des tables en bois  rappellent la nature quand la froideur du bâtiment fait plutôt penser au passé industriel du lieu.

Thomas Bayrle : le pop art revisité

L’œuvre de Thomas Bayrle est méconnu. Cette première rétrospective organisée en Belgique permet à cet artiste dont le talent n’est pas à négliger d’être reconnu à sa juste valeur. Dans l’ombre d’ Andy Warhol, il a travaillé sur la reproduction d’objet en série. Il s’ est inspiré du minimalisme. Sur une même œuvre, il représente le même objet dupliqué en de multiples exemplaires identiques. Cette ressemblance rappelle l’’uniformisation et l’aseptisation de la société contemporaine.

Thomas Bayrle exposition all is one au Wiels

Thomas Bayrle exposition all in one au Wiels

L’hyper consommation est comparée à un totalitarisme et la publicité à un média de propagande commerciale. La foule apparaît asphyxiée par ce message incessant du toujours plus. Les visages demeurent figés et les traits stéréotypés  et impassibles. Sur chaque production, on retrouve, un travail minutieux du détail.

De l’art engagé

Fervent défenseur du travail manuel, il a très peu utilisé le numérique. Imprégné par l’univers ouvrier qu’il a côtoyé pendant deux ans, on remarque souvent les détails des métiers à tisser et des fils. Par chacun des traits, il tisse le portrait d’un pan de la société. Il critique toute les formes de dérives totalitaires. Il n’épargne ni le communisme ni le capitalisme. Le fascisme aussi y est fortement décriéIl analyse les ravages du fordisme et du taylorisme. Il dénonce les méfaits de la sur production et de l’uniformisation des esprits face à une société de consommation écrasante. L’automobile, révolution du siècle dernier est associée à la représentation de l’infini par la multiplication des autoroutes. Tout se mêlent, s’entremêlent sans jamais se rencontrer.

Thomas Bayrle, All is one, Wiels, Bruxelles

Thomas Bayrle, All in one, Wiels, Bruxelles

Politiquement engagé, il cherche à faire réfléchir les observateurs. Ce travail abouti  se comprend sur différents niveaux de lecture. Selon la distance, la spectateur ne perçoit pas les détails de la même façon.  Le rapport à l’œuvre change. Cette modification nous fait vraiment réfléchir. La réaction se fait imminente. Elle touche aussi notre rapport au monde.Tout est dans le détail. Il joue avec les courbes et les distances. Plus on s’éloigne de l’œuvre plus on se rend compte que Bayrle avait une vision d’ensemble de la société. L’individu disparaît dans la sérialisation de la foule.

 Un monde déshumanisé

L’inter connectivité est très présente dans ses créations. Bayrle a une approche visionnaire. A la manière d’Orson Welles dans 1984, il dénonce les ravages de la société d’hyper consommation médiatique. Il associe cette réalité à la figure de Big Brother. Nous voyons autant que nous sommes vus. Ce regard acerbe montre qu’il ressent parfaitement les changements qui parcourent notre temps. Tout est une course. L’hyper consommation est un leur et le bonheur ne se trouve pas au fond d’un supermarché.   Ses œuvres sont construites sur des mises en abyme et des jeux de miroirs.

Thomas Bayrle, all in one, Wiels, Forest, bruxelles

Thomas Bayrle, all in one, Wiels, Forest, bruxelles

Cet artiste aux multiples talents utilise la vidéo pour illustrer son art. Ces productions existent pour elles-mêmes et par elle-mêmes.  Figure peu reconnu, il continue son combat artistique et ne se désarm pas e. Iconoclaste, son œuvre a vraiment une valeur ajoutée. L’art contemporain ne compte pas pour rien bien au contraire.

Le Wiels est le lieu où il faut être à Bruxelles. pour vivre l’art contemporain comme il e doit.

Jessica Staffe

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