Hugo Chavez : la mort d’un commandante

Image

 «Nous avons reçu l’information la plus éprouvante et la plus tragique que nous puissions annoncer à notre peuple. À 16H25 aujourd’hui 5 mars, est mort notre commandant président Hugo Chavez Frias» sont les premiers prononcés par Nicolas Maduro, vice- président vénézuélien pour annoncer la mort d’Hugo Chavez.

Hugo  Chavez : le petit père du peuple vénézuélien

Arrivé au palais de Miraflores en 1999,il a su conquérir le cœurs  des citoyens vénézuéliens. Ces réformes sociales (l’éducation, le logement, la santé) l’ont aidé à s’imposer en tant que président. Malgré  quelques coups d’éclats de l’opposition et un coup d’état raté, sa présidence a dévoilé un pays stable en apparence. Aujourd’hui, les images officielles montrent un peuple pleurant son chef. Une semaine de deuil national a été décrétée. Cet hommage révèle une mise en scène  de la part du pouvoir. Hugo Chavez devient un saint et perd sa dimension humaine. Sa disparition crée un vide politique. Dans un mois des élections vont être organisées. Cette nouvelle échéance permet à l’opposition de s’exprimer et d’essayer d’être élue.  La plupart du temps muselée et opprimée,  ill est peu probable qu’elle puisse arriver au pouvoir aussi rapidement. La plupart des vénézuéliens restent attachés au parti bolivarien de Chavez. Son successeur va devoir faire preuve de charisme et insuffler un nouveau mouvement.

  Mort d’Hugo Chavez (source Euronews.fr)

Hugo Chavez : le pouvoir sans partage

La façon de gouverner de Chavez s’apparente à celle d’un dictateur. Tout comme son grand ami cubain Fidel Castro, il combattait l’impérialisme américain. Bien qu’il ait œuvré pour permettre à son peuple d’accéder à une vie meilleure, il a toujours mené une politique répressive contre ses opposants. Il s’exprimait tous les dimanches sur l’antenne de la télévision d’Etat dans une émission intitulée «Alo présidente ». Commençant à 11h, ce rendez- vous représentait une grande messe dominicale. Il aimait s’y mettre  en scène. Ce programme lui servait de vitrine. Il y annonçait les grandes décisions politiques (nominations, arrestations, nationalisations, nouvelles lois sociales). Outre ces déclarations officielles, il dansait et chantait ou récitait de la poésie. On peut dire qu’il monopolisait l’antenne pendant plusieurs heures. Cette grande présence médiatique lui a été bénéfique. Il occupait autant l’espace public que médiatique et rentrait dans le quotidien des vénézuéliens.

Alo Presidente: Hugo Chavez (compilation de moments)

Grand communicant, cette parole martelée a fini par porter ses fruits.  Ne voyant que lui, une grande partie des vénézuéliens s’est ralliée à sa cause. Plébiscité par la force parfois, il a mis en place  plusieurs gouvernements. Cette démocratie apparente cache une réalité moins reluisante. Il a régné sans partage. Pour installer son régime dans la pérennité, il a fait en sorte de nommer des proches ou des fidèles serviteurs aux postes clés. L’actuel vice-président en est la preuve. Ancien chauffeur de bus et soutien inconditionnel d’Hugo Chavez, il a ensuite été chargé du ministère des relations extérieures (équivalent du ministère des affaires étrangères français). Aujourd’hui il occupe la présidence par intérim.

Des perspectives d’avenir brouillées

S’il se considérait comme le petit père du peuple, il a fait quelques mauvais choix. Saluée à l’époque par une majorité de ces concitoyens, la nationalisation des compagnies pétrolières pose aujourd’hui des problèmes économiques à l’état vénézuélien.  L’industrie gazière peine à se développer.  Depuis leur nationalisation, les industries du ciment et  de l’aluminium sont quasiment inexistantes. Cette réalité  crée une situation inflationniste s’élevant à plus de 20%. A terme, ces décisions risquent de plonger le Vénézuela dans une incertitude économique et sociale.

Ces amitiés contestables l’ont souvent placé  dans la ligne de mire des Etats-Unis et de l’Europe. Il n’a jamais rien lâché. Le socialisme bolivarien a grandement inspiré le Chavisme.  Communiste dans l’âme Chavez a toujours joué avec le feu quitte à être isolé dans sa propre région.

Cette doctrine politique continuera-t-elle à s’imposer ou la mort de Chavez contribuera-t-elle à un tournant politique et aboutira à mise en place d’un régime plus démocratique ?

Jessica Staffe

Publicités