Flight : le scénario résiste au crash test

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Flight, c’est le nouveau film d’action de Robert Zemeckis. Denzel Washington incarne le premier rôle. Pilote, d’avion chevronné et expérimenté, il est en proie à des problèmes d’alcool et de drogues. Un matin comme tant d’autres Whip Withaker prend les commandes  du vol 227. En plein vol, l’avion passe dans de nombreuses  perturbations. Sommé d’atterrir d’urgence (moteur en feu, aile estropiée), il tente le tout pour le tout. Miraculeusement, le crash ne fait que 6 victimes (4 passagers et deux hôtesses de l’air).

Suite à cet accident spectaculaire, Whip Whitaker est perçu comme un héros. Une enquête est lancée  pour déterminer les responsabilités et comprendre le déroulement du crash. Whip Whitaker restera-t-il un héros aux yeux de l’opinion ?

 

Whip Whitaker : entre culpabilité et rédemption

Whip Whitaker est l’archétype du héros. Depuis des années, il est reconnu dans son métier. Pilote de ligne émérite, il a gagné ses galons au fil du temps. Passionné et doué, il n’a plus rien à prouver. Respecté, il est aimé du personnel navigant. Rien ne semble troubler cette vie idyllique. Whip Whitaker représente le héros tourmenté par excellence. Dépendant à l’alcool et héroinomane, il multiplie les excès. Rien ne l’empêche de continuer dans cette voie. Cette partie sombre de l’homme apparaît lors du crash. Il se considère comme un sauveur, ce qu’il est. Il omet un détail, il était complètement ivre durant le crash Pour lui ce n’est pas la cause de l’accident. Il serait dû à de simples problèmes techniques. Il ne ressent aucune culpabilité. Il est loin d’être rongé par le doute et le remords. Pour lui les tests toxicologiques apparaissent fallacieux. Pendant la quasi totalité du film, Whip Whitaker demeure dans le déni. Les interrogations des médias et les doutes apportés par l’enquête n’y changent rien. Il ne reconnaît pas ses addictions et se pense dans son bon droit. Inconscient, il reprend vite ses mauvaises habitudes. Rien n’y fait. Même Nicole sa petite amie finit par le quitter. Jusqu’au jour de son procès il reste sur ses positions. Cette séance agit comme un électro choc. Rongé par le mensonge, il commence lentement sa rédemption. En marchant vers la route de la vérité, il devient un autre homme. Dès lors, il devient un anti-héros. Humain, il confesse ses fautes et reconnaît petit à petit ses responsabilités. Dieu n’est jamais très loin.

Flight : un scénario empreint de religion

Durant toute la durée de l’intrigue, la présence divine est clairement évoquée. L’accident se rattache à la fatalité. Il n’est pas arrivé par hasard. Il est le fruit de la volonté de Dieu. Whip Withaker  se sert de cet aspect pour se dédouaner de toutes ses responsabilités. Si Dieu l’a voulu alors il n’y peut rien. Trop facile me direz-vous ? Pourtant cette religiosité est présente dans de nombreux films américains. Les personnages de Denzel Washington ne sont pas les seuls à être habités par une présence spirituelle. Souvent les personnages incarnés par  Will Smith suivent le même chemin. Cette spiritualité si elle appelle l’introspection, elle agace. Elle n’apporte pas forcément un plus au film. Peut-être que Dieu a aidé Whip Withaker a prendre conscience de sa dépendance et de ses erreurs. Le chemin  vers la vérité s’avère long et tumultueux. Peu à peu il se métamorphose à nouveau en un héros. Ce  héros a cette fois fois-ci un visage humain.

Ce film est divertissant. Grâce aux effets spéciaux et aux différents prise de vues  en contre plongée nous conduit à vivre le crash comme si nous y étions. Cette action nous met en condition pour tout le film. Entre montée d’adrénaline et réflexion sur la culpabilité humaine, cette oeuvre nous propose un mélange intéressant entre action et réaction. Whip Withaker se reconstruit grâce à ce long chemin parcouru.

Jessica Staffe

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