Une renonciation historique

benoît XVI

Dimanche dernier, une nouvelle a ébranlé la planète catholique. Le chef spirituel  de plus d’un milliard et demi de fidèles a renoncé à sa charge religieuse. L’évêque joseph Ratzinger connu sous le nom de Benoit XVI cessera d’être pape le 28 février prochain. Cette décision si elle paraît surprenante pour le commun des mortels, elle a été préparée  de longue date par le Saint Siège.

Benoît XVI devenu une icône médiatique

Son pontificat n’aura duré que huit ans mais cette décision humble et réfléchie fait déjà de lui un pape historique. Seul un pape avant lui avait choisi d’abandonner cette charge divine. 600 ans après Benoît XVI  se retire. D’apparence discrète et distante, il est devenu en quelques jours une star adulée. Même ses détracteurs reconnaissent en cet homme, une personne honorable, réfléchie et humaine. Le pape est devenu un homme du monde. Trop souvent éloigné des réalités contemporaines par des convictions jugées souvent réactionnaires et rétrogrades, il s’est subitement rapproché de l’ensemble de la communauté humaine. Représentant d’une ligne conservatrice  de l’Eglise catholique, il a préféré renoncer à son rôle pour que l’Eglise puisse se renouveler et rentrer dans une nouvelle ère plus moderne. En moins de temps qu’il n’en faut, il s’est transformé en une icône incontestable. Incontestable aujourd’hui parce qu’il  ne le sera plus, il a été fortement contesté hier. Sa défense de Pie XII, son attitude vis à vis des musulmans, son rejet catégorique du préservatif même pour lutter contre le sida et son opposition ferme et déterminée au mariage pour tous. Pour toutes ces prises de position, la plupart des observateurs l’ont considéré comme conservateur peu apte à l’ouverture et au dialogue inter confessionnel et inter religieux. Cette attitude hiératique semble avoir complètement disparue.

Dans la presse internationale:

Benoît XVI se serait-il transformé en un pape moderne en si peu de temps ?

Benoît XVI : révélateur d’une crise de l’Église catholique

Cette abdication moderne si on veut révèle un malaise plus  profond. Cette crise de vocation illustre la situation de l’Eglise catholique aujourd’hui. En France, certaine paroisse se retrouve sans prêtre. Leur moyenne d’âge donne une image vieillissante de l’Eglise. Les jeunes délaissent la messe et rentre très peu au séminaire. Cette crise de foi est présente dans toute l’Europe même dans tous les pays dits  plus catholiques comme l’Italie, l’Espagne ou encore le Portugal. Il faut se tourner vers les pays anciennement du Tiers-Monde (on préfère dire aujourd’hui les pays en développement) pour rencontrer une ferveur religieuse intacte. L’Amérique Latine, l’Afrique ou encore l’Asie demeurent les nouvelles terres promises de cette religion dont les préceptes datent de plus de 2000 ans. Cet événement planétaire concerne tout le monde. Le nouveau pape  devra se faire à cette réalité multiple. Le successeur de Benoît XVI ne sera peut-être plus blanc mais africain, asiatique, moyen oriental ou encore d’Amérique Latine. Pour l’instant ce ne sont que des suppositions. Ces pronostics prouvent en tout cas un désir d’ouverture. La plupart des catholiques semble prête à accueillir un représentant de Dieu d‘un horizon différent. Quelque soit leurs points de vue, c’est la traditionnelle fumée blanche qui nous transmettra le nom du pape. Seule cette révélation divine nous dira ou non si le nouveau chef de l’Eglise catholique  aura un profil plus moderne que benoit XVI.

Cette renonciation historique  fait de Benoît XVI un homme du monde. Il est passé d’un statut d’icône religieuse à un statut d’icône médiatique. Adulé pendant quelques jours, il aura permis aux titres de la presse internationale de se vendre un petit peu mieux.

Cette renonciation ravirait-elle tout le monde finalement ?

Jessica Staffe

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