Les frères musulmans et les salafistes : des courants minoritaires de l’Islam en France trop présents dans les médias

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L’Affaire Mohamed Mérah continue d’être médiatisée. Elle  montre que des courants islamistes et intégristes gangrènent parfois les banlieues. Ils recrutent des jeunes gens désoeuvrés se sentant abandonnés par la France.

L’islamisme s’il est présent en France sous diverses mouvances, il n’est pas représentatif  de la majorité des musulmans. Les médias interviewent souvent des musulmans se réclamant de l’extrémisme bien plus que des musulmans modérés. Cette médiatisation parfois abusive amène de la confusion. Il peut aussi créer un amalgame. Comme le dit  une célèbre maxime, on ne parle que des trains qui arrivent en retard. Il en va de même pour l’Islam.  Les médias pointent du doigt  les éléments qui remettent en cause la laicité et le mieux vivre ensemble. Ainsi, il est plus facile de parler des prières de rue et du niqab  que de s’intéresser à des imans modérés dont les discours respectent les lois de la république. Ils prônent un Islam moderne intégré à la société. Cet état de fait favorise les islamistes. Ils occupent le terrain et donnent une mauvaise image de l’ensemble de la communauté musulmane.

 Les frères musulmans et les salafistes : entre divergence et buts communs

Le mouvement des frères musulmans est né en Egypte en 1928. Fondé par Hassan Albana grand père de Tariq Ramadan , il repose sur l’intégrisme. Il rejette la modernité et cherche à instaurer un état islamique. Il a le même but que les salafistes. Les frères musulmans préfèrent utiliser la voie politique que les armes.

Cet instituteur s’est auto proclamé prédicateur. En 1936, il a composé son programme. Celui-ci interdit la musique, la mixité, impose le port du voile aux femmes. Les frères musulmans veulent réislamiser la société par le bas. Il mobilise l’opinion par l’animation de centres socioculturels et  par l’enseignement des préceptes de l’Islam réinterprétés. Cette présence leur permet de gangréner la société et d’arriver tranquillement au pouvoir. Cet islam politique apparaît dévastateur. En France, il est incarné par l’Union des Organisations  Islamiques de France fervente défenseure d’un Islam radical. Il se diffuse dans certaines mosquées. Il est défendu par l’Iman de Bordeaux Tareq Oubrou ;

Amar Lasfar, iman de la mosquée de Lille président de la ligue islamique du nord se  sert d’un réseau éducatif  et social (une école, un lycée, un centre social) pour dispenser la doctrine des frères musulmans et éduquer les jeunes aux valeurs islamiques.

Les salafistes se divisent en deux groupes : un groupe non politisés et un autre prêt à utiliser la violence pour mettre en place un Etat  islamiste. Ils refusent la sécularisation, ne souhaitent pas s’intégrer au monde moderne et obligent les femmes à porter le voile. Le GIA est un groupe salafiste. Ce groupe terroriste est connu pour avoir  semé une vague de violence sanglante sans précédent en Algérie dans les années 1990. Djihadistes, dans leur main la religion devient une arme de destruction massive. Kamikazes, ils sont considérés comme des martyrs. Ils se réclament de l’Islam. Cette religion comme beaucoup d’autres interdit le suicide.  Cette idéologie destructrice se développe sur Internet et dans les prisons. Elle reste très minoritaire dans les mosquées françaises.

Ces groupements demeurent minoritaires mais leur force de frappe reste immense. Leur idéologie s’exprime au sein de l’UOIF.

 Le Conseil français du culte musulman encadre l’islam de France

 Créé en 2003 par Nicolas Sarkozy, le CFCM encadre l’Islam de France. Cette instance régulatrice se compose de plusieurs courants. Des courants réformateurs et modernes suivis entre autre  par Dalil Boubakeur recteur de la mosquée de Paris et l’Iman de Drancy sont devenus minoritaires lors des élections du CFCM. Des branches bien plus radicales UOIF soutenue par les pays du Golfe et de la Fédération Nationale des Musulmans de France aidée par le Maroc sont devenues majoritaires. Le but du CFCM n’était pas de donner du pouvoir aux extrémistes mais simplement d’institutionnaliser l ‘Islam.

Le Congrès annuel de l’UOIF  confirme cette radicalité. De nombreux intervenants y tiennent des discours violents à la limite parfois de la tolérance et avancent des arguments antisémites. Tariq  Ramadan en est la figure emblématique. Maniant comme il se doit la langue de bois, il délivre une diatribe presque trop neutre. Il cache ainsi ses arguments les plus controversés. Comme tous les extrémistes, il maîtrise parfaitement la langue et utilise la logique du double discours afin de séduire ses interlocuteurs en douceur. Lors de ce rassemblement, le public présent peut acheter des livres sulfureux défendant le recours au djihad, des voiles ainsi que des poupées voilées récitant des prières.

Yousef Al Qardawi  est souvent invité à cet événement. Prédicateur, il est très écouté sur Al Jazzera où il anime une émission intitulée la Charia ou la vie . son livre licite et illicite dans l’Islam reflète son idéologie extrémiste. Sa venue a été interdite en 2012.

Rached Ghanouchi est aussi un habitué des lieux. Il dirige le parti  islamiste Ennahda  au pouvoir en Tunisie.

Ces personnalités influentes et médiatiques donnent une mauvaise image de l’Islam en France. Des imans modérés se battent au quotidien contre ces dérives.

 Dalil Boubakeur et Hassam Chalgoumi  fervents opposants à l’islam radical

Les islamistes menacent Dalil boubakeur et Hassan Chalgoumi pour leur engagement en faveur d’un islam modéré et apaisé intégrer complètement aux lois laiques de la république française. Cette modernité déplait aux extrémistes. Agressés verbalement, intimidés, ils ont eu recours à une protection judiciaire. Pour eux, il n’est pas question de céder à la dictature de la terreur.  Leur action se fonde sur l’ouverture, la tolérance et le respect. Ils défendent le dialogue entre toutes les communautés. Ils tendent la main auxassociations juives, condamnent fermement les attentats et l’extrémisme religieux en général. Ils militent pour un islam laic dont le but n’est pas d’être utilisé comme une arme politique.

Pour se rapprocher de tous les croyants Hassan Chalgoumi a effectué plusieurs voyages en Israel et en Palestine. Il a aussi reçu des associations juives. Les islamistes le surnomment « l’Iman des juifs ».

Souvent minorés dans les médias, les discours modérés sont pourtant représentatifs de la majorité des musulmans en France. Trop souvent leurs voix apparaissent brouillées par des déclarations extrémistes violentes. Cette réalité distendue atteint l’ensemble de la communauté musulmane. La plupart de ces membres aspirent à vivre en paix avec le monde qui l’entoure.

Les réseaux de l’extrême : les radicaux de l’Islam

Jessica  Staffe

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