Le Discount : des prix cassés, des vies bradées

Image

Nos vies discount documents infrarouges

Le discount fait partie intégrante de nos vies. Au début des années 2000, les publicitaires ont redoré   son image. Rien de plus simple : changer de nom. Ainsi le discount est devenu le low cost. En temps de crise, ce principe a le vent en poupe. Derrière, ce terme positif, les consommateurs  font des économies.  Ce gain cache pourtant une réalité peu reluisante.

Aldi et Liddl sont les deux marques dont la réussite ferait pâlir n’importe quel industriel dont la seule ambition serait le profit. Il colle parfaitement à notre société dont le but repose sur une consommation effrénée. Elle serait fondée sur l’obsolescence programmée. Qu’importe, aujourd’hui, elle fonctionne et ce n’est pas prêt de s’arrêter.

Né en Allemagne après la seconde guerre mondiale, Il s’est construit autour de la pénurie.

Le Discount : rêve ou cauchemar ?

Il lui fallait un panier de courses peu cher. Ruinée par la guerre, elle se devait de dépenser le moins possible pour les denrées alimentaires.  Le discount l’aide à survivre non pas à vivre. Né de la misère économique et sociale, aujourd’hui, la crise favorise son expansion. Aucun secteur n’est épargné par la casse des prix. L’alimentataire, l’automobile, le tourisme, la téléphonie mobile, l’habillement, aucun poste de dépenses n’est laissé pour compte. Cette réalité satisfait les clients. Trop désireux de toujours posséder plus, ils ne connaissent pas ou peu l’envers du décor. Ce rêve se rapproche plus d’un cauchemar. La plupart survivent pour acheter. Ils n’ont pas les moyens nécessaires pour sortir de la spirale du discount. Il offre aussi l’espoir vain de  pouvoir s’offrir ce dont on rêve sans se ruiner.

Ce beau projet a un coût, l’individu se comporte comme un simple consommateur. Il ne cherche pas le meilleur mais le mois cher.  Cette attitude le transforme en mouton. Il délaisse la réflexion pour profiter de ces acquisitions.  Bien souvent, il ne sait pas que le discount génère des inégalités sociales et contribue à terme à faire baisser  son niveau de vie et ses  droits salariaux. Ryanair, Aldi , LIddl, Dacia ou encore des multinationales comme Smithfield corporation représentent cette mode du Low Cost.

Ryanair : voyager pas cher aup rix de la précarité

Le siège social  de cette compagnie se trouve à Dublin. Tous les salariés travaillent sous les conditions d’un contrat de travail irlandais. Moins avantageux, les hôtesses, stewards et autres pilotes de ligne perdent certains de leurs avantages sociaux, disposent de moins de droits et garanties et leurs salaires sont souvent sous valorisés. Ils ne sont payés que sur la durée des vols effectués.

Dépenser moins pour gagner plus c’est la doctrine du PDG de Ryanair, Michael O’Leary.

Cette recette lui a plutôt réussi. En 2011, il a transporté plus de 750 000 000 de passagers.

Son personnel en paye les frais. Ils ne peuvent pas bénéficier du chômage, ne cotisent pas pour la retraite. Michael O Leary utilise toutes les ficelles du néo- libéralisme. Il fait appel à des sous-traitants pour économiser les charges sociales. Le management s’appuie sur la peur. Il propose de nombreux contrats de travail instables et soumet son personnel à des conditions de travail difficiles voire en inadéquation avec les services qu’il propose. Il touche le jackpot, quand ces salariés peinent à vivre et évoluent dans un univers hostile.

Ryanair donne la possibilité de voyager plus facilement. Cette vitrine est désormais ternie par une réalité qui commence à se faire entendre. Ces méthodes agressives s’appliquent aussi à la grande distribution.

Aldi : un empire sans foi ni loi?

Le client est roi. Dans le temple de la consommation, l’industrie du Low Cost est une aubaine pour « les chasseurs de bonnes affaires ». Elle ne profite pas à tous. Les salariés sont les premiers à en payer les les pots cassés. Tout comme Ryanair, Aldi impose des méthodes draconiennes de management. L’employé n’est pas là pour réfléchir mais pour appliquer. « Ici on se soumets on se ne démets pas » correspond à l’image que les responsables de ces chaînes de magasins ont de leurs salariés. Ils appliquent des principes s’approchant de ceux de l’armée. Les salariés agissent comme de petits soldats.

Sans foi ni loi, dans ce milieu, c’est la défiance qui est reine. Un système de contrôle empêche les initiatives personnelles. L’ambition n’est pas valorisée. Tout est fait pour que le personnel subisse une pression et un stress permanent. Il effectue des tâches répétitives, harassantes. Chaque travailleur est considéré comme une marchandise. Ils ne valent pas mieux que les produits vendus. Il se formate à l’attente  de l’employeur

Fondé à la fois sur du fordisme et du Taylorisme, tout est chronométré. Rien n’est laissé au hasard. L’individu n’existe pas.  Des dizaines de licenciements abusifs sont répertoriés chaque année. Ces processus d’intimidation fonctionnent. Elles affaiblissent le pouvoir de chaque employé. L’isolement les conduit souvent à se retrouver seul face à leurs problèmes. Cette  situation favorise Aldi. Malgré de nombreux procès aux prud’hoùmmes, il ne change en rien leurs principes de management.

Le hard  discount n’apporte pas le confort social qu’il promet. Les économies réalisées représentent  un mirage politique et social. Les discounters  participent l’appauvrissement de la population. Il n’améliore pas le niveau de vie. Fondé sur la précarité sociale et économique, ce modèle de consommation

6 millions de travailleurs vivent sous le seuil de pauvreté en Allemagne. Ce pays montré comme un exemple de réussite économique oublie souvent que ce succès ne s’est pas forcément réalisé sans efforts ni problèmes. Les jobs à 400 euros se multiplient et créent une situation où la précarité paraît normale.

Nos vies sont bradées au prix de quelques maigres économies. C’est au consommateur d’agir pour faire en sorte que la société évolue dans le bon sens. Le discount demeure un choix non  pas une obligation. Il existe une alternative, tout est une question de volonté. L’hyperconsommation favorise le discount. Tant que le consommateur ne changera pas d’attitude d’achat, le discount restera roi.

Jessica Staffe

Publicités