Les grandes rencontres du salon de la photo

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Julie de Waroquier: « révalités »: entre rêve et réalité

Jeune photographe talentueuse, Julie de Waroquier a remporté le concours Nikon pour les promenades photographiques de Vendôme en 2011, elle a présenté son livre «Révalités» lors du salon de la photo 2012. Edité dans la collection «Voir naître le talent » aux éditions Knowware. Il regroupe soixante trois photographies. Elles ont été réalisées au cours de ces quatre dernières années.

Entre rêve et réalité, elle se nourrit de l’univers des contes. Son travail révèle une réflexion sur notre société. A travers l’onirisme apparent de ses clichés, la photographe aborde notre rapport au monde.

Pris sur le vif, ils pénètrent au cœur de l’humain. Ils laissent transparaître de multiples sentiments et mettent en image nos fêlures. L’incompréhension se mêle à la mélancolie Avec simplicité et humanisme Julie de Waroquier explore les désirs, les passions et les craintes qui jalonnent parfois notre existence. Entre le visible et l’invisible, le dicible et l’indicible, l’artiste s’intéresse à notre inconscient et notre subconscient.

A la fois sombre et lumineuse, elle touche notre âme au plus profond. Cette opposition poétique nous interroge sur notre identité et sur la façon dont les autres nous perçoivent. Tout semble reposer sur un équilibre fragile.

Ces œuvres poétiques racontent chacune une histoire. Le temps passe et transforme notre esprit. Il agit sur notre ressenti et nos sensations. A travers cette recherche de vérité, elle montre les limites  du symbolisme post-moderne.

Dans «Révalités» Julie de Waroquier voyage au cœur des contradictions de l’être humain et traduit son rapport émotionnel au monde.

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Vee Speers «immortelles » : des photographies intemporelles

Les grandes rencontres du  Salon de la Photo 2012 ont accueilli Vee Speers. Photographe australienne, elle travaille depuis plus de vingt ans à Paris.  Ville d’artistes, elle trouve toute son inspiration dans cette capitale foisonnante. A travers des portraits sobres, elle étudie l’enfance et la féminité.  A la fois femme et mère, elle porte un regard attendri sur ses modèles. Elle nous plonge dans un univers intemporel et nous transporte dans son monde. Dans une pureté angélique, elle montre leur meilleur profil. Elle plébiscite l’argentique plutôt que le numérique. Ce choix apporte une dimension naturaliste à ses photographies.

Dans l’œuvre de Vee Speers la peinture n’est jamais loin. Cette touche personnelle crée une atmosphère intime. A la fois délavés par le temps et retravaillés grâce aux technologies numériques, ses clichés semblent provenir d’une autre époque. Ils font parfaitement le trait d’union entre passé et présent.

L’innocence apparente de l’enfance lui permet  d’évoquer la société actuelle. Toujours sur le fil, elle menace de s’effondrer.  A chaque fois, ces personnages tentent de garder leur équilibre. Ces corps à demi dénudés paraissent fébriles. Aucune vulgarité ne transparaît dans son travail. Honnête, simple et réaliste, Vee Speers analyse aussi la représentation du corps en photographie.

Pour elle, la féminité n’est pas un frein pour produire. Ce statut instaure un climat de confiance et de partage. Photographe et artiste accomplie, elle nous livre un travail de photographie picturale. Certaines de ces œuvres font penser aux tableaux des pré rafaélites. Tout comme cette série, les photographies qui  la composent semblent immortelles.

 Stanley Greene : l’itinéraire d’un photojournaliste

Dimanche 11 novembre 2012, le Salon de la Photo proposait une rencontre avec le photographe Stanley Greene.

Lors de la dernière campagne présidentielle américaine, il est parti dans l’Ohio. Ce « swing state » ou état en balance représentait un grand enjeu politique autant pour Barack Obama que pour Mitt Romney. Dans cette situation tendue, Stanley Greene a passé cet état au crible dans sa série de photographies intitulée  crossing the battleground: Ohio . Comme il le ferait sur une zone de conflit Stanley Greene a mené une vrai enquête de terrain. I yl aborde la  croissance de la misère, l’abandon et la division.

Proche de l’humain, il a sondé les terres de l’Ohio. Divisées, elles incarnent le destin de l’Amérique.  Aujourd’hui, les Etats- Unis découvrent la misère de ces citoyens. Les sans-abris apparaissent comme plus nombreux. Pourtant, ils semblent laissés pour compte et oubliés par les médias américains.

Pour traiter ce thème de société. Stanley Green amène de l’humanité et apporte un regard grave sur la misère aux Etats-Unis. Cette analyse sociale profonde prouve qu’Obama se trouve face à de nombreux défis. Avec simplicité et honnêteté, il montre que la guerre sociale et économique se déroule parfois sous nos fenêtres.

Avant de se passionner pour le photojournalisme et de parcourir le monde, il a été  peintre. Sa rencontre avec  William Eugène Smith à tout changer.  En 1971, il lui offre une place dans son studio photo. Grâce à lui, Stanley Greene part étudier à l’institut des arts visuels de New York.  Clin d’œil du destin, vingt trois ans plus tard en 1994, il est honoré du prix  W Eugène Smith. Photojournaliste il a couvert de nombreux terrains de guerre : la Tchéchénie, le Somalie, l’Ex URSS, le Tchad l’Afghanistan, l’Irak… Outre ces conflits internationaux, il s’est aussi intéressé à l’Ouragan Katrina en 2005. Cette catastrophe naturelle avait alors ravagée la côte de la Louisiane. C’est lors de cet événement climatique sans précédent que l’idée de créer l’agence Noor a germé. Elle est née dans l’esprit de Stanley Greene et de Kadir van Lolhuizen.  Claudia  Hinterseer la directrice de cette structure revient sur cette envie : «Leur rêve, c’était de travailler avec des photographes partageant les mêmes idées et les mêmes valeurs qu’eux. Ils m’ont alors dressé une liste, une sorte de ‘dream team’ de photographes avec lesquels ils avaient envie de monter quelque chose. Il se trouve que je connaissais tous les noms qu’ils me citaient ! Il faut dire qu’à cette époque je travaillais au service communication de l’agence World Press à Amsterdam. J’avais donc un bon réseau ». En cinq ans d’existence l’agence Noor s’est imposée dans le monde sinistré du photojournalisme.

A travers cette rencontre, Stanley Green à réaffirmer son engagement. Passionné, il vit pour être sur les terriens de guerre.  Chaque jour, il cherche à interpeller  les esprits afin que chaque citoyen soit conscient du monde qui l’entoure.

On the run, Stanley Greene issue de la série Crossing the battle ground: Ohio

Crossing the battle ground: Ohio Stanley Greene

Jessica Staffe

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