Wikipédia : pour le meilleur et pour le pire

Logo Wikipédia

Créé en 2001, Wikipédia est le 6e site le plus visité au monde. Le but de Jimmy Wales était de donner libre accès à la connaissance et à la culture. Il fonctionne sur la technologie wiki.

Modifiable à l’infini, son contenu libre de droits est remis à jour régulièrement. Tous les sujets sont abordés. Son succès s’explique par l’implication de milliers de contributeurs bénévoles. Régie par ses propres règles et ses codes, cette communauté s’élargit au fil des ans. Les wikipédiens nourrissent de leur savoir des millions de pages. Soucieux la plupart du temps d’apporter de réelles connaissances, ils prennent leur mission au sérieux. Sous cette apparence d’expertise, certaines pages présentent des erreurs grossières. Un internaute malveillant peut transformer un contenu et y glisser de fausses données. Cette action jette du discrédit sur ce site dont l’audience ne cesse d’augmenter jour après jour. Rien qu’en France 1 million d’articles ont déjà été écrits.

Wikipédia : entre fiabilité et manipulation

Aujourd’hui, son pari semble réussi. Les étudiants et lycéens l’utilisent inlassablement. Ses détracteurs lui reprochent de ne pas contribuer à la réflexion et de proposer de l’information jugée parfois douteuse. Ils l’accusent également de manquer de fiabilité. Certaines entreprises ou hommes politiques l’ont bien compris. Ils embellissent leur page quand d’autres subissent directement des calomnies ou de la diffamation. Des cabinets spécialisés en E-réputation en ont même fait leur fond de commerce. Des hommes politiques considérés comme peu influents ont vu leur page supprimée. Publicité mensongère ou réel travail d’investigation, Wikipédia nous offre le pire comme le meilleur. Très longtemps critiqué par les professeurs d’université, il est aujourd’hui plébiscité et rentre même dans certains programmes universitaires.

Jimmy Wales : un fondateur iconoclaste

A l’instar de Mark Zukerberg ou des fondateurs de Google, Jimmy Wales doit sa réussite au web. Outre les conférences grâce auxquelles il partage son expérience, il ne tire presque aucun profit de Wikipédia. Ce site n’est pas une entreprise. Il fait figure d’exception dans un monde où des individus se bousculent dans le but de faire fortune. Idéaliste, il cherchait simplement à créer un site culturel ouvert à tous. Aujourd’hui, 2 milliards de personnes sont connectées à internet. Son idée folle a donc de beaux jours devant elle.

Wikipédia : un site surveillé de près

Tous bénévoles, les wikipédiens les plus vigilants et assidus surveillent de près l’évolution de cette plateforme de partage de connaissances. Correcteurs au quotidien, ils suivent les articles afin qu’ils soient les plus fiables possibles. Ils vérifient et patrouillent pour éviter que des contenus gênants ou à caractère pornographiques restent en ligne. Sur la page pédophilie, un site pornographique IPCE apparaissait dans les références de l’article. Depuis, ce lien a été supprimé. Cette réalité pose problème. Elle révèle les véritables failles du site. Sans cette surveillance accrue de ces passionnés, de nombreuses pages resteraient truffées d’erreurs. Ces fautes involontaires ou volontaires remettent en cause la fiabilité affichée de Wikipédia. Elles prouvent aussi que sans l’administration des volontaires, cette mine d’information peut mettre en danger de jeunes utilisateurs.

Wikipédia : entre partage, censure et transformations de contenus

Sous couvert de liberté, ces membres actifs ont parfois le rôle de censeurs. Pierre Carl Langlet est l’un de ces gendarmes. Selon lui, il n’existe pas de censure effective sur Wikipédia. En tant qu’administrateur, il s’assure simplement que le contenu mis en ligne demeure « stable, propre et fiable » (propos recueillis dans Envoyé spécial: reportage sur wikipédia du 8 novembre 2012). Il supprime parfois des citations qu’il considère comme anodines ou bloque des articles portant à polémique. Selon ces dires « ces connaissances ne seraient pas encyclopédiques ». Ce travail porte à croire que la liberté d’opinion est modulable en fonction des points de vue des administrateurs.

Certaines pages comme celle consacrée à François Asselineau, fondateur de l’Union Populaire Républicaine (parti politique) a été désactivée. Ce constat interroge.

Tout le monde n’aurait-il pas droit à être représenté et visible sur Wikipédia ?

Aux vues de ces dérapages ou de ces dérives, Wikipédia pourrait répondre à ce slogan Communauté, liberté, visibilité et fiabilité.

Communauté : de plus en plus d’internautes rejoignent l’aventure

Liberté : liberté et partage de connaissance

Visibilité : les personnes dont la notoriété est reconnue possèdent une page, les autres non

Fiabilité : contenu normalement vérifié, parfois censuré

Publicités