Barack Obama réélu : de l’espoir au réalisme

Barack Obama a été réélu à la tête des Etats-Unis dans la nuit du 6 au 7 novembre 2012. 55% des femmes se sont prononcées pour le candidat démocrate. Les jeunes ont aussi choisi massivement leur champion. Cette élection s’est jouée sur le fil. Outre les présidentielles, la chambre des représentants (équivalent de l’assemblée nationale) a été renouvelée.  Majoritairement républicaine, elle montre que Barack Obama ne fait plus l’unanimité. Les démocrates conservent leur majorité au Sénat. Cette division n’arrange pas Obama.  Ce deuxième mandat commence sur une cohabitation. Elle annonce une politique de la main tendue. Vu comme un centriste eu Europe, il est considéré comme un socialiste dans son pays. Conciliateur, Obama a moins de marche de manœuvre. Dans son discours, Mitt Romney  a annoncé qu’il travaillerait au côté des démocrates. Reconnaissant sa défaite, il apaise les tensions.

Comme le  rappelle cette affiche Obama a suscité un véritable espoir en 2008. Qu’en est –il aujourd’hui ?

Affiche Obama 2008

Shepard Fairey a repris une photographie publiée par Mannie Garcia. Publiée sous copyright par Associated Press (agence de presse américaine), elle a coûté 25000 euros d’amende à cet artiste. L’espoir se paye. Dans  tout les cas, elle révélait clairement l’espoir que les américains portait dans le changement.

« Yes we can » : Obama l’espoir  d’un peule américain retrouvé

En 2008,  Obama a donné un nouveau souffre à un pays marqué par deux mandats de George W Bush.   Cette période politique n’a pas été sans remous. Le monde a été divisé par les prises de positions de ce président pour les guerres en Irak et en Afghanistan. Les relations avec de nombreux pays musulmans avaient été mises à mal. Cette politique agressive avait porté préjudice au peuple  américain.

Elu en pleine crise économique, les attentes des américains semblaient nombreuses.   Touchés par un chômage en progression, ses concitoyens attendaient qu’ils prennent des mesures pour relancer l’économie. Sa politique interventionniste a porté ses fruits. Les grandes majors de l’automobile avaient subi de lourdes pertes.  Fleuron de l’économie, ces entreprises symbolisent la santé des Etats-Unis. Aujourd’hui, elles retrouvent un peu de panache. Il a également œuvré pour imposer une réforme du système de santé. L’Obama care a été jugé comme une mesure socialiste.  Pour relancer l’économie, il a lancé un programme de relocalisation. Pragmatique, il s’est très largement impliqué dans les affaires internationales. Au cœur de la crise de la dette européenne, il a pris part à l’aide pour sauver la  la Grèce.  Cette position prouve qu’il connaît les répercussions de la crise de l’Euro sur les Etats-Unis. Internationaliste, il est ouvert au dialogue. Fort de son multiculturalisme, il représente l’image d’une Amérique progressiste tourner vers l’avenir. Unificateur et pacificateur, il avait consacré sa première visite à L’Egypte.  Il y avait déclaré un discours au Caire dont le mot d’ordre était l’unité.

Dans ces temps sombres, ce personnage politique est le premier président à pouvoir poursuivre sa politique. Tous les autres ont été sanctionnés. Sa réélection était donc loin d’être assurée.

« We ‘re not  moving backwards, we ‘re moving forward »: du pragmatisme mêlé à du réalisme

affiche campagne présidentielle américaine 2012

L’Affiche 2012 tranche  avec celle de 2008. L’espoir laisse place au pragmatisme et au réalisme. Plus sobre, elle correspond à l’incertitude de l’époque.Symbole de l’ère numérique, il a remercié ses militants et les citoyens américains qui l’ont soutenu sur Tweeter. Dès la précédente élection, les démocrates ont dominé les réseaux sociaux . Cette avance technologique leur a permis d’être actif et visible sur le net. Outre cet élément, ils ont couvert le terrain. Avec des harangues moins offensives, Obama s’est imposé comme l’homme de la situation.

Beaucoup de défis attendent Obama. Réaliste, il sait que la tâche sera rude. Poursuivant son objectif pacificateur, il devra mettre en place une politique internationale à la hauteur des attentes. Les dossiers sont nombreux : la Syrie, le Pakistan, le conflit israélo-palestinien et l’Iran. Ces sujets délicats n’ont pas été abordés lors de la campagne présidentielle. L’Europe est aussi la grande oubliée de ce scrutin. Tous ces thèmes mis au ban reviendront rapidement au centre des débats.  L’immigration demeure également un dossier où les clivages politiques sont nombreux.  Barack Obama souhaitent régulariser les sans-papiers. Ce parti pris ne ravit pas les républicains. L’école malmenée doit être remis au centre des intérêts de Barack Obama. Ce thème a beaucoup d’importance pour les américains. La dette colossale est aussi un problème de taille. Elle empêche le pays d’être performant et de se relever. A terme, elle peut peser sur l’avenir des Etats-Unis.

Si cette réélection soulage une partie de l’opinion internationale, elle indique une continuité dans la politique américaine. De l’espoir en 2008, les démocrates sont passés au pragmatisme et au réalisme.

Jessica Staffe

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