Lucha libro : le combat des mots

Lima, la capitale péruvienne organise des matchs d’improvisation littéraire  dénommée « lucha libro ».

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logo de l’évènement

Pas banale, cette initiative surprend. Pourtant le public se rassemble autour de  cet événement. La première édition s’était déroulée dans un petit bar. Pour la seconde cession, les organisateurs ont vu  plus grand. Fort de leur succès jusque là incontesté, «la  Noche» accueille les noctambules en mal de sensations littéraires. Ce lieu incontournable de la fête à Lima attire plu de 200 curieux tous les lundis soirs.

Christopher Vasquez est l’initiateur de ce concept. Ce délire ne vient pas de nul  part. Dix ans auparavant, il a bataillé dur pour publier son recueil de nouvelles. Pour ne pas que cette galère touche d’autres écrivains, il a décidé de venir à leur rescousse par l’organisation de ce concours d’improvisation littéraire. Oublié pendant dix ans, il l’a remis au goût du jour en 2010. Grâce à la communication web via les réseaux sociaux, l’audience grandit semaine après semaine. Cette idée farfelue hier  séduit aujourd’hui le plus grand nombre. Cette initiative solidaire est saluée par les acclamations populaires. Il savoure cette réussite. Le gagnant de la première édition a présenté son livre lors du salon international du livre de Lima. Il s’intitule Historias perdadores.

Chacun vient acclamé son champion. Masqué ou à visage découvert, les concurrents s’affrontent sur un ring comme à la boxe.  Jugés par un jury professionnel, ils disposent  de cinq minutes pour écrire leur histoire. Ils respectent trois axes  de réflexion.  Ces pistes sont les mêmes pour chacun des participants. A eux ensuite de faire preuve d‘imagination et de bon sens pour construire un discours cohérent et original.

Leur temps pour convaincre est limité. Les coups portés sont des mots. Les mots deviennent parfois des maux.  Les upercuts se transforment en hyperboles, oxymores ou euphémismes. Ces figures se style enrobent le discours afin d’assommer l’adversaire. Il se trouve hors d ‘état de nuire lorsque qu’il n’a plus d’arguments recevable pour répondre à son interlocuteur. Il est mis littéralement K.O. Le vainqueur reçoit les honneurs et le respect de son auditoire, conquis il en redemande. Outre cette récompense, le gagnant voit son récit publié. Le perdant tombe le masque. Il se retrouve humilié devant l’arène des spectateurs. Cette épreuve ressemble à un combat de gladiateur.

Cette littérature d’un nouveau genre à de quoi surprendre les écrivains chevronnés et les passionnés.  Véritable show littéraire le texte est mis en scène. Les mots  ne se suffisent plus à  eux mêmes. Ce « combat de coq » s’apparente à une démonstration de force verbale. Cette lutte n’a rien de gréco romain. Elles se rapprochent plutôt des joutes dans lesquelles les grands orateurs s’échangeaient de bons mots. Bien assénés, ils traduisent la verve littéraire de l’auteur.  Ce phénomène hors du commun s’inspire du catch mexicain (lucha libre). Le mot « libre » devient « libro ».

Lancée sur cette vague, Christopher Vaquez et sa femme Angie cherchent à convaincre d’autres villes afin de répandre le phénomène de la lucha libro. Ténérife a rejoint le mouvement. La lutte ne fait que commencer.

Interview de Christopher Vasquez :

Jessica Staffe

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