La presse grecque ressusciterait-elle ?

effervescence de la presse grecque

L’économie grecque est ravagée par la récession. Depuis le début de la crise en 2007, ce pays subit la plus grave crise de son histoire. Ce marasme soudain a plongé l’Europe dans l’incertitude. Les plans l’austérité se sont multipliés.

Dans ce climat plus que tendu la presse grecque tente de survivre. En période de disette, les médias sont les premiers touchés. Les grecs ont perdu une grande partie de leur pouvoir d’achat. Ils ne peuvent plus investir dans la presse.

«Le journal des journalistes telle est la devise du quotidien Eleftherotypia . Il demeure le fervent défenseur de la liberté d’expression. Aujourd’hui, cette institution vacille. Comme ce quotidien renommé, la plupart de ces concurrents ont perdu 15% de leur audience. Les grecs accordent une confiance limitée en leur média. Ils les jugent parfois trop proches du pouvoir et peu soucieux de leur avenir. Dans la tourmente certains sont même rachetés par le gouvernement.

Quant aux journalistes , ils ne peuvent presque plus exercer leur profession. Certains professionnels de l’information n’ont pas été payés depuis aout 2011. Ils restent pourtant les garants de la liberté d’expression. D’autres ont été licenciés. Tous continuent malgré tout à se battre pour que leur droit d’informer soit respecter comme il se doit.

La liberté d’informer serait- elle en danger en Grèce ? La plupart des informations sont actuellement diffusées sur Internet. Par manque d’argent, les journaux périodiques ou quotidiens ne paraissent plus dans les kiosques. De nombreux groupes de presse sont affectés par de lourdes pertes. Certains ne survivent pas à ces tensions.

La crise n’aura pourtant pas raison de la presse grecque. Si chaque jour des médias ferment, la réalité ne paraît pas complètement morose. Des journalistes soit en coopératives soit en groupe décident de créer de nouvelles sources d’information. Souvent engagés, ces tribunes reflètent la situation de la Grèce. Ce pays chamboulé donne naissance à de belles initiatives rédactionnelles. Elles paraissent plus proches du problème des citoyens. Elles abordent des thèmes de société comme de chômage mais n’hésitent pas à attaquer le gouvernement et les décisions politiques. Les lignes bougent lentement. Elles suivent le cours de l’histoire. La presse retrouve son rôle citoyen. Elle incarne ici la place du quatrième pouvoir.

cinq quotidiens expriment cette effervescence :

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Parapolitika

– Lancé le 22 septembre dernier Parapolitika illsutre cet nouvel essor. Il s’implique dans la vie politique grecque. Il couvre tous les sujets de société et informe également le peuple des décisions prises par l’Europe. Composée, de journalistes prestigieux et d’écrivains chevronnés, la rédaction est donc tenue par des professionnels. A la fois satirique et sarcastique, Parapolitika s’investit par la couverture des coulisses politiques. Les analyses complètes et le regard acéré se marient parfaitement aux anecdotes croustillantes assénées ici et là.

– L’Editor’s  newspaper est attendu. Il devrait paraître d’ici peu

– Dimokratia : Né en 2010 à Athèmes, sa ligne est d’obédience conservatrice. Son audience est assez forte 85% de vente au numéro. Ce dynamisme inattendu lui rapporte. Un numéro dominical a été lancé. Cette réussite s’explique peut-être par le fait que la publicité ne représente que 15% de ces revenus.

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Dimokratia

– Ergosia Tora (travail maintenant) est tout acquis à la cause sociale. Le chômage est au cœur de ses préoccupations éditoriales. Il soutient les chômeurs dans leur combat quotidien. Il promet même de publier toutes les offres d’emplois possibles.

I llada Avrio  la Grèce Demain) a alerté l’opinion publique  grecque de la montée de l’extrême droite. Dans ses pages, les lecteurs ont pu se délecter d’un sondage exclusif.

Ces initiatives originales apportent un nouveau souffle à la presse grecque. Elles démontrent que les journalistes prennent en main l’avenir de leur pays. Ils participent à la redéfinition du paysage médiatique grec. Ces journaux coopératifs proposent de nouveaux modèles. D’autres  pays pourrait s’en inspirer.

Jessica Staffe

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