Le rock birman : une lente conquête de la liberté

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Page Facebook de side effect

Pendant plus de cinquante  ans le peuple birman a été soumis à une  dictature militaire.

Dans ce contexte, la plupart des groupes évoluaient dans la clandestinité. Ils militaient pour l’instaurer des libertés. Grâce à leur combat et à celui mené par Aug San Suu Kyi , ce pays évolue jour après jour vers une démocratie. L’instauration d’un gouvernement civil d’anciens généraux depuis mars 2011 révèle cette lente transformation.  Ce pays s’ouvre petit à petit. Avant 2011, ils ne pouvaient ni sortir des frontières birmanes ni vendre leur musique à l’étranger.

Faute d’investisseurs locaux, les groupes de rock indépendants birmans choisissent de vendre leur musique sur Internet.  I Times, Amazon et Spotify, plateformes de vente et de partage ont un rayonnement international. Elles permettent à ces musiciens d’espérer d’être reconnus dans le monde entier. Cette alternative ne leur coûte rien. Elle leur donne l’opportunité de toucher un plus large public. Hier révolutionnaires, ils partent désormais  à la conquête de la planète musique.

Seulement, deux albums de rock alternatifs birman sont sortis cette année. Des groupes comme side effect ou Blood Sugar Politik représentent cette vague rock and roll venue de Birmanie.

Side Effect premier album: Rainy night dreams

Le groupe  Side Effect a sorti son premier opus Rainy Night dreams  en juin 2012. C’est le seul groupe birman a avoir participé au festival Rock Hello Asean à Bali en Indonésie).  Avant eux aucun groupe birman ne s’était produit hors de leur pays.

Il nous propose des morceaux pêchus. Inspirés du rock anglo-saxon, ils délivrent des chansons énergiques. Ces rythmes dansants nous feraient presque oublier que la Birmanie étaient  une dictature il ya peu de temps . Sans complexe, ils se lâchent et nous offrent un album prometteur. Quelques ballades  viennent contraster ce côté électrisant. Cette douceur saupoudrée de légèreté et d’une touche de romantisme exalte nos sens L’auditeur se trouve ainsi propulser dans leur intimité.  Sans forcément comprendre la teneur des paroles, la musique trouve toute sa dimension universelle.  En plus certaines de leurs paroles sont écrites en birman ce qui apporte un soupçon d’originalité et un zest d’honnêteté. Ce choix ambitieux est en fait judicieux.

extrait du premier album de Blood sugar politik

Le premier album de Blood Sugar Politik, intitulé One Second sentence propose 10 titres en anglais. Cette volonté traduit la démarche internationale de ce groupe. Cet aspect gâche un peu l’idée de nouveauté. Certes, ils  dégagent de la fraîcheur mais ce détail prouve que leur musique est calibrée. Peut-être qu’ils ne pensent pas faire carrière en Birmanie mais il aurait été préférable qu’ils se risquent à proposer des textes en birman. Dans ce cas l’originalité aurait été au rendez-vous. Du coup leur musique perd un peu  de son charme.

Dans le cas de ces deux groupes, internet demeure le seul moyen de toucher des personnes et des fans partout dans le monde. Sans ce média, ils n’auraient pas la possibilité de s’exporter aussi facilement et d’être entendus aux quatre coins du monde.

Jessica Staffe

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