Les Débranchés : ceux qui ne veulent plus entendre parler d’internet

Internet et les nouvelles technologies prennent de plus en plus de place dans nos vies.

Pourquoi j’ai débranché explication de Thierry Crouzet

La loi de l’hyper connexion

Chaque jour, la e-réputation s’impose à nous. On n’aime un statut, on partage des photos des vidéos. Certaines vont jusqu’à tweeter leur accouchement. Les réseaux sociaux ont imposé une nouvelle vision des relations humaines. Des « followers » scrutent votre activité. D’autres s’abonnent à vos publications. Des connaissances deviennent des amis. Les vrais amis restent nos amis.

L’incommunicabilité de notre société ne  se ressent pas toujours sur les réseaux sociaux bien au contraire. Peu à peu, elle se transforme en hyper communicabilité. Au lieu de se téléphoner aujourd’hui s’envoyer des messages, la plupart des gens privilégie les mails ou les messages instantanés. Les smileys nous renseignent parfois sur l’état d’esprit de la personne qui écrit. Les internautes « tweetent », «facebookent» comme ils respirent.  Cette loi de l’hyper connexion semble perverse. Sans le savoir ni le vouloir, les utilisateurs  y prennent goût. Cet outil devient parfois une addiction. Dans cette société hyper connectée, des individus choisissent volontairement de se débrancher.

Les débranchés : un choix voulu et assumé

Les écoles Waldorf vogue à contre-courant. Ces écoles élitistes américaines où les enfants des salariés de Google et Ebay sont scolarisés mettent en pratique de nouveaux principes d’enseignement. Aucune technologie n’est utilisée dans leurs programmes. Cet élément paraît étonnant. La Silicon Valley pionnière en matière de technologie donnerait-elle une impulsion différente ?

Cet exemple montre que  les « débranchés choisis » appartiennent plutôt à des milieux sociaux favorisés. Les parents baignent dans cet univers où la technique prime. Ils ne veulent sans doute pas reproduire le modèle dans lequel ils ont évolué. Cette initiative originale ne touche pas seulement ses établissements.  Elle n’est pas simplement prise par des bourgeois bohèmes. Cette réaction de rejet est décidée en connaissance de cause.

 D’après l’étude Umplugged dirigée par Dominique Delport ( PDG d’Havas Médias) 63% des français veulent se déconnecter (ordinateurs, internet smartphones , tablettes…) pour une courte durée (week end) ou plus ou moins longue (vacances). 55% s’y tiennent. Ces chiffres indiquent que les utilisateurs se responsabilisent au fil du temps. Le problème ne vient pas de la nouvelle technologie mais du rapport que l’on entretient avec elle. Les raisons de cette décision sont multiples. Pour 47% des interrogés, elles nous occupent bien trop de temps. Pour 74% des sondés, elles s’incrustent trop dans nos vies. Pour 14%, elles ne reflètent pas la vie réelle et laisse une place importante à la virtualité.

Cette étude prouve ainsi que les utilisateurs réfléchissent à leur rapport à cette technique. Les débranchés à leur manière refuse le diktat imposée par ses nouvelles pratiques sociales. Ils se protègent et protestent. Ils sont acculturés mais ne suivent pas des comportements de masse. Ils inventent de nouvelles règles. Ils se réapproprie le monde et les relations sociales. Pour ces nouveaux moyen de communication se multiplient de plus en plus chaque jour. Le monde suit plutôt la logique de connexion. Les débranchés reste encore minoritaires. Cette tendance tend-t-elle à se généraliser ?

Jessica Staffe

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