Iran : un pays où il n’est pas bon d’être une femme journaliste

Mahmoud Ahmadinejad dirige d’une main de fer L’Iran depuis 2005. Réélu en 2009, il suit les principes de la révolution. Très conservateur, il contrôle habilement les médias. Lors de la vague verte en juin 2009, les iraniens ont manifesté contre ce pouvoir excessif.  La contestation s’est beaucoup nourrie du web activism. Les blogs, les réseaux sociaux ont relayé des idées nouvelles. Ils ont grandement participé à l’étendue de cette révolte anti Ahmadinejad. Beaucoup d’observateurs pensent  d’ailleurs que l’Iran a été le moteur des révolutions arabes.

Les journalistes dans le viseur du gouvernement iranien

Dans ce contexte la marche de manœuvre des professionnels de l’information  iraniens semble limitée voire inexistante. Chaque jour, ils risquent d’être arrêtés et incarcérés.D’autres le payent aussi de leur vie. Ils ne peuvent exercer librement leur devoir d’informer. Comme le montre cet article de Reporters Sans Frontières, les nets citoyens, blogueurs et activistes sont quotidiennement inquiétés.

Les femmes journalistes  subissent d’autant plus cette dictature. Elles sont souvent contraintes d’évoluer dans la clandestinité surtout quand elles critiquent le gouvernement. Elles défendent avec ferveur l’ouverture et l’évolution de la société iranienne.  Leur oppression prouve que les gardiens de la révolution ne souhaitent pas de réformes. Ils ne désirent pas non plus que les femmes s’intègrent dans la société.

Les femmes journalistes pourchassées

On pourrait presque parler de chasse aux sorcières.   57 journalistes se sont retrouvées privées d’exercer leur métier depuis la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad le 12 juin 2009. Ce chiffre inquiétant montre clairement que le gouvernement iranien pourchasse les femmes journalistes. Cette constatation navrante rappelle que ce pays ne respecte pas les libertés d’expression et de presse. Les professionnelles des médias sont souvent des web activistes ou des pionnières du journalisme. Elles s’occupent de sites qui prônent la libération du régime et l’évolution des mœurs.  Elles militent pour plus de considération et défendent les droits de l’Homme. Toutes ces activités ne plaisent évidemment pas au régime. Il faut à tout prix les réduire au silence pour éviter qu’elles ne répandent des discours dangereux mettant en péril le pouvoir.

Shiva Nazar Ahari : arrêtée pour avoir défendus les droits de l’homme

Shiva Nazar Ahari  utilise son site internet Azad Zan pour promouvoir la libération de la femme. Cette cyberdissidente de 27 ans combat le conservatisme iranien. Cette opposition lui a valu plusieurs arrestations. Aujourd’hui, elle purge une peine de prison de 4 ans à Evin. Elle a été condamnée pour “complot en réunion contre la sécurité nationale” et “propagande contre le régime”. Cette sentence révèle que les journalistes sont considérés comme des propagandistes et des comploteurs. Ces termes forts réaffirment que le régime considère les journalistes comme des dangers. Selon eux ils déstabiliseraient l’équilibre du pays. Les dictatures ne respectent pas les droits de l’homme.  Selon toute logique, il semble pour elles de poursuivre tous ceux qui les défendent. Les pionnières du journalisme et les couples de journalistes se trouvent également dans la liste des ennemis publics.

Des couples de journalistes dans la tourmente

JIla Bani Yaghood exerce depuis 1994. Ella couvert de nombreux conflits. Très active, elle a publié plus de 3000 publications à l’heure actuelle. Elle écrit également sur le web. Elle a créé le blog « we are journaliste ». Sur cette interface, elle dénonce les agissements et les prises de position du gouvernement iranien. Elles se bat aussi contre les discriminations faites aux femmes. Cet activisme forcené lui a valu une interdiction d’exercer pendant trente ans. Son mari, Bahaman Ahamadi Amoee a été poursuivi pour des articles critiques envers l’Etat iranien. Mahssa Amrabadi et son époux  Masoud Bastan subissent le même sort.

Tout comme leur homologues masculins, les femmes journalistes sont privés de leurs droits. Pour elles l’exercice du métier demeure encore plus problématique. Elles renvoient une image encore plus négative d’Ahmadinejad. Leurs partis prix déplaisent formellement à la dictature iranienne.

Jessica Staffe

Publicités